Ukraine: Timochenko célèbre son retour sur le Maïdan

L'ancienne égérie de la «Révolution orange» de 2004,... (Efrem Lukatsky)

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L'ancienne égérie de la «Révolution orange» de 2004, arborant sa tresse emblématique, s'est adressée à ses partisans et à l'opposition anti-Ianoukovitch réunie par milliers sur le Maïdan, à Kiev.

Efrem Lukatsky

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Olga NEDBAEVA
Agence France-Presse
Kiev, Ukraine

«Elle est indestructible!»: comme aux grands jours de la Révolution orange en 2004, mais les traits tirés, en fauteuil roulant, Ioulia Timochenko harangue de nouveau la foule sur le Maïdan dans le centre de Kiev après la destitution samedi de son ennemi juré Viktor Ianoukovitch.

Sitôt libérée de prison samedi après-midi, cette femme menue coiffée de sa tresse emblématique a accouru dans la capitale pour s'adresser à ses partisans et à l'opposition anti-Ianoukovitch réunie par milliers sur la place. Malgré les hernies discales dont elle souffre et deux ans et demi passés en prison, elle n'a rien perdu ou presque de sa ferveur.

«Vous êtes des héros, vous êtes les meilleurs d'Ukraine !», a-t-elle lancé en larmes aux manifestants après le bain de sang cette semaine en plein centre de Kiev qui a conduit à la destitution de facto du président Viktor Ianoukovitch, votée samedi par le Parlement.

La foule scandait «Ioulia, Ioulia, Ioulia», mais certains manifestants se sont montrés sceptiques sur ses capacités à reprendre la main à Kiev.

Son portrait grand format figurait au centre du Maïdan, la place de l'Indépendance de la capitale ukrainienne, occupée depuis trois mois jour et nuit par des manifestants hostiles au président Ianoukovitch.

Ancien Premier ministre et adversaire de M. Ianoukovitch à la présidentielle de 2010, Mme Timochenko avait été condamnée en 2011 à sept ans de prison pour abus de pouvoir, une affaire qu'elle dénonçait comme une «vengeance politique».

«Ceux qui ont été tués sont nos libérateurs. Ils vont nous inspirer. Les héros ne meurent pas»!, a-t-elle lancé devant quelque 50 000 personnes réunies pour l'accueillir sur le Maïdan, haut lieu de la contestation, mais aussi théâtre de violents affrontements qui ont fait 80 morts.

«Les héros ne meurent pas!», lui ont répondu en écho de nombreux manifestants du Maïdan.

Avant l'arrivée de Mme Timochenko, une cérémonie funèbre s'était déroulée sur la place en hommage aux manifestants tués. Un cercueil ouvert a été posé sur le podium et un prêtre a rendu hommage à «un patriote mort pour la liberté et l'Indépendance de l'Ukraine».

Des gens, parmi lesquels des pères de familles avec de petits enfants dans les bras ont déposé des fleurs et fait un signe de croix devant un mur de deuil improvisé construit avec des pavés sur la rue Institutska menant sur le Maïdan où ont été tués par balle la plupart des victimes.

«Je n'ai pas reconnu Kiev, avec les voitures brûlées, les barricades, mais c'est une autre Ukraine, l'Ukraine des hommes libres !», a lancé Ioulia Timochenko.

«Elle est maintenant comme Roosevelt et elle est indestructible», s'est enthousiasmée Tetiana Matviïtchouk, 52 ans, en référence au président américain Franklin Delano Roosevelt, élu à quatre reprises et emporté par une maladie qui l'a cloué dans un fauteuil roulant.

«Elle mérite tous les postes», souligne Mme Matviïtchouk, venue de la banlieue de Kiev.

Viktoria, une femme au foyer et son mari sont venus sur le Maïdan «pour Ioulia» qu'ils ont toujours soutenue.

«Les autres responsables de l'opposition peuvent être ses adjoints, mais c'est elle le vrai chef», explique Viktoria.

Olexandre Tchebotarev, 53 ans n'a en revanche jamais voté pour Timochenko et a même soutenu Viktor Ianoukovitch en 2004 pendant la Révolution orange mais s'apprête à le faire si elle se présente à la présidentielle anticipée décrétée par le Parlement le 25 mai.

«Nous n'attendons rien de bien de Timochenko malheureusement», explique de son côté Svitlana, une manifestante.

«Personne sur la Maïdan ne s'est battu pour la libération de Ioulia Timochenko et je pense qu'il faut continuer l'enquête sur ses activités car il faut punir les criminels, quelle que soit leur force politique», renchérit Viktor.

«Ce qu'elle faisait avant n'était pas bien pour le pays, on espère qu'après sa détention, elle va changer ses choix», a encore estimé Rouslan.

Le discours de Timochenko a été interrompu à plusieurs reprises, des malaises ayant été signalés dans la foule.

«Ils n'ont pas tenu le coup, c'est trop émotionnel», commentait un manifestant.

Ioulia Timochenko a appelé les Ukrainiens à rester sur le Maïdan tant qu'ils n'«obtiendront pas ce qu'ils veulent», en assurant que leur exemple contribuerait à «l'instauration de la démocratie dans d'autres ex-républiques soviétiques».

L'armée reste neutre 

Le Parlement ukrainien avait voté plus tôt dans la journée la «libération immédiate» de l'ancienne première ministre.

Les députés ont ensuite constaté ce qu'ils ont considéré comme une vacance du pouvoir et destitué de facto le chef d'État.

«Le président Ianoukovitch s'est écarté du pouvoir et ne remplit plus ses fonctions», indique la résolution adoptée par les députés, qui ont fixé au 25 mai l'élection présidentielle anticipée.

Mais, de Kharkiv (est), Viktor Ianoukovitch, dont le mandat court jusqu'en mars 2015, a assuré qu'il n'avait nullement l'intention de démissionner.

«Le pays assiste à un coup d'État (...). Je suis un président élu de manière légitime», a-t-il souligné dans une allocution télévisée.

Il a aussitôt reçu le soutien de la Russie, qui estime que «l'opposition n'a pas rempli une seule de ses obligations» figurant dans l'accord signé vendredi avec le président et dénonce «les extrémistes armés et les pillards dont les actes constituent une menace directe (pesant) sur la souveraineté de l'Ukraine».

La déclaration de Viktor Ianoukovitch a été enregistrée à une date inconnue.

Le nouveau président du Parlement, Olexandre Tourtchinov, a affirmé que le chef d'État se cachait dans la région de Donetsk (est), dont il est originaire.

«Il a essayé de prendre un avion à destination de la Russie, mais il en a été empêché par des gardes-frontières», a-t-il assuré.

Alors que l'accord qu'il a conclu vendredi prévoit qu'il entérine rapidement des mesures adoptées par le parlement en vue de la formation d'un gouvernement d'union nationale, Viktor Ianoukovitch a souligné qu'il n'allait «rien signer avec les bandits qui terrorisent le pays».

«Il n'y a pas de coup d'État à Kiev. Les bâtiments officiels ont été abandonnés. Le président du Parlement a été légitimement élu», a aussitôt répondu le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski, qui a participé aux négociations entre opposition et pouvoir.

La police a évacué le quartier gouvernemental dans la capitale, le laissant sous le contrôle du service d'ordre des opposants.

L'armée a, de son côté, fait savoir dans un communiqué qu'elle n'allait «pas s'impliquer dans le conflit politique».

Les défections se sont multipliées samedi dans le camp du chef de l'État, au fur et à mesure que l'opposition s'emparait des leviers du pouvoir.

«Ianoukovitch a été mis KO», s'est réjoui l'un des responsables de l'opposition, le champion du monde de boxe poids lourds, Vitali Klitschko, sur le site internet de son parti Oudar (coup).

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Des chandelles ont été allumées en mémoire des manifestants tués dans des affrontements à Kiev.

Photo Yannis Behrakis, Reuters

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PHOTO GENYA SAVILOV, AFP

Menace sur l'intégrité territoriale

Deux proches de Ioulia Timochenko ont été désignés à la tête du Parlement et du ministère de l'Intérieur, avec pour objectif de rétablir le fonctionnement des institutions.

La police avait auparavant affirmé être «aux côtés du peuple», dans un communiqué sur le site internet du ministère de l'Intérieur.

À Kharkiv, des responsables des régions pro-russes de l'est ont remis en cause la «légitimité» du Parlement ukrainien, considérant qu'il travaille actuellement «sous la menace des armes».

«L'intégrité territoriale et la sécurité de l'Ukraine se trouvent menacées», ont-ils estimé.

L'Ukraine, 46 millions d'habitants, est divisée entre l'est russophone et russophile, majoritaire, et l'ouest nationaliste et ukrainophone.

Dans la banlieue de Kiev, un embouteillage monstre a été provoqué par l'afflux de milliers d'Ukrainiens allés jeter un oeil sur la luxueuse résidence présidentielle, abandonnée par la sécurité. Les lieux sont gardés par le service d'ordre des opposants, qui laissait les curieux contempler de l'extérieur les pièces décorées de marbre et de dorures, la salle de réception en forme de galion et une collection de faisans...

Situation économique épouvantable

Sur le Maïdan, transformé en quasi-zone de guerre, au coeur de Kiev, des milliers de personnes sont venues avec une bougie et des fleurs. Des photos de manifestants tués sont affichées sur le podium érigé au centre de la place et une inscription proclame «gloire aux héros».

«Nous devons rendre hommage à ceux qui sont morts pour nous, nous devons être fiers d'eux et continuer notre combat jusqu'au bout», a expliqué Natalia.

Des affrontements ont fait près de 80 morts depuis mardi à Kiev, un niveau de violence inédit pour l'Ukraine, pays issu de l'ex-URSS.

«Soyons prudents», a jugé le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, «car la situation économique reste épouvantable».

L'Ukraine se trouve au bord de la faillite, et la Russie a promis l'octroi d'un crédit de 15 milliards de dollars et un important rabais du prix du gaz. Elle a versé trois milliards de dollars fin décembre, mais le versement du reste est désormais très incertain.

Les Européens ont promis une assistance financière beaucoup plus modeste, d'environ 610 millions d'euros.

Les Ukrainiens découvrent le train de vie luxueux de leur ex-président

Un domaine immense, des intérieurs de marbre, un parcours de golf et même un zoo privé: les milliers d'Ukrainiens venus samedi admirer la résidence du président déchu Viktor Ianoukovitch en sont ressortis bouche bée.

«Je suis sous le choc», lance Natalia Roudenko, militaire à la retraite, contemplant les pelouses manucurées, ornées de statues de lapins et de cerfs, dans cette propriété située à une quinzaine de kilomètres de Kiev et perçue comme un symbole de la corruption du régime.

Son titulaire habituel, Viktor Ianoukovitch, a été quelques heures plus tôt destitué de facto par le Parlement et «se cache actuellement quelque part dans la région de Donetsk», région pro-russe dans l'est de l'Ukraine dont il est originaire, selon le président du Parlement Olexandre Tourtchinov.

«Dans un pays où il y a autant de pauvreté, comment une personne peut-elle avoir autant ? Ce doit être un malade mental», estime Natalia Roudenko.

«Il faut que le monde voit ça et qu'on le traîne devant la justice», insiste-t-elle.

L'ex-militaire n'est pas la seule à s'intéresser au train de vie de l'élite ukrainienne: l'affluence de curieux a provoqué un énorme embouteillage sur la route d'accès au site et une interminable queue devant l'imposant portail de fer forgée du domaine.

«Ne vous inquiétez pas, tout le monde entrera. C'est assez grand pour vous tous», crie dans un mégaphone un militant de l'opposition juché sur une colonne. Les visiteurs sont mis en garde contre la possible présence de mines sur le gazon et contre les «provocateurs» venus dégrader le site.

«Bienvenue en Ukraine», lance-t-il alors que la foule passe devant lui.

Protégé il y a quelques heures encore par des gardes d'élite, le domaine, dont la surface exacte n'a pas été divulguée, est à présent sous le contrôle du service d'ordre de l'opposition anti-Ianoukovitch. Ce sont eux qui patrouillent sur le site, interdisent l'accès à l'intérieur des bâtiments et empêchent ainsi tout pillage.

Pour faire bonne mesure, les promeneurs sont accueillis dès l'entrée par le panneau «Visiteurs, ne détruisez pas les preuves de l'arrogance des voleurs».

Le bâtiment principal, un genre de palais baroque, est tout en marbre, icônes couvertes d'or, armures anciennes. Quelques cartons traînent sur le sol, suggérant un départ précipité.

Mi-amusés, mi-furieux, certains prennent la pose devant de fausses colonnes grecques, ou mitraillent de leurs portables la colonie de faisans de collection du propriétaire, pour certains importés de Sumatra ou de Mongolie.

Ils font des kilomètres à pied pour contempler l'héliport, la pièce d'eau, les écuries, et même un garage abritant un musée de véhicules militaires soviétiques.

«Où sont les toilettes en or ?» 

«Maman, où sont les toilettes en or ?», demande un garçon de 5 ans à sa mère alors qu'elle lui montre une salle de banquet aménagée dans un faux galion d'époque élisabéthaine.

«Je veux aussi un navire de pirates comme celui-là», lance-t-il.

«Ne t'inquiète pas, nous avons déjà saisi celui-ci», lui répond sa mère.

Certains visiteurs ont encore bien en mémoire les violents affrontements qui ont fait des dizaines de morts cette semaine à Kiev et transformé le centre-ville en quasi-zone de guerre.

«Cela renforce l'impression que cela en valait la peine», note Bogdan Pantchichine, un commerçant de Lviv (ouest).

«Si seulement les 100 personnes qui sont mortes pouvaient voir ça, je pense qu'elles diraient la même chose», ajoute-t-il.

Stupéfaits par ce qu'ils avaient vu, les visiteurs ne pouvaient que spéculer sur l'ampleur de la fortune du président déchu.

«Cette maison, ce jardin, ce luxe...», répétait Viktor Kovaltchouk, un mécanicien, tandis que sa femme hochait la tête, sonnée.

«Cela devrait être transformé en hôpital, ou en orphelinat, ou quelque chose pour les personnes blessées dans les manifestations», suggère le mécanicien.

«Quoiqu'il arrive, il faut que cela revienne au peuple. Cela a été construit avec notre argent, donc il faut que cela nous revienne».

A Moscou, dont M. Ianoukovitch était un proche allié, le président de la commission parlementaire aux Affaires étrangères à la Douma (chambre basse du Parlement russe) Alexeï Pouchkov a déploré le sort du président ukrainien.

«On laisse entrer n'importe qui dans la résidence de Ianoukovitch, Mejiguiria, en banlieue de Kiev : il a fui, sa garde a fui, le personnel de sa résidence s'est enfui (...) triste fin pour un président», a-t-il écrit sur son compte Twitter.

- Max DELANY

Maison-Blanche: c'est aux Ukrainiens de «déterminer leur propre avenir»

La Maison-Blanche a salué samedi la libération de l'opposante ukrainienne Ioulia Timochenko et rappelé qu'il revenait aux Ukrainiens de «déterminer leur propre avenir» après la destitution de facto par le parlement du président Viktor Ianoukovitch.

«Le principe intangible guidant les événements doit être que les Ukrainiens déterminent leur propre venir. Nous saluons le travaille constructif du Rada (le parlement ukrainien) et continuons d'appeler à la formation rapide d'un gouvernement d'unité nationale large et technocratique», affirme Jay Carney, le porte-parole de la présidence américaine dans un communiqué.

Évoquant l'ancienne première ministre Ioulia Timochenko, libérée samedi après un vote du parlement, la Maison-Blanche lui souhaite «de se rétablir rapidement» et rappelle qu'elle a besoin «depuis longtemps» d'un «traitement médical approprié».

L'opposante, qui était emprisonnée depuis 2004 est apparue dans la soirée, en larmes et en fauteuil roulant, sur le Maïdan, place centrale de Kiev et épicentre de la contestation.

Au lendemain d'un accord entre le président Ianoukovitch et l'opposition visant à mettre fin aux violences qui ont ensanglanté Kiev cette semaine, la situation s'est accélérée dans la journée par le vote du parlement à l'unanimité en faveur de la libération de Mme Timochenko puis d'une élection présidentielle anticipée en mai, destituant de facto Viktor Ianoukovitch.

«Nous avons constamment plaidé pour une désescalade de la violence, un changement constitutionnel, un gouvernement de coalition et des élections anticipées, et les événements d'aujourd'hui pourraient nous rapprocher de ce but», estime la Maison-Blanche dans le communiqué.

«Nous continuons d'appeler à une fin des violences de chaque côté et à se concentrer sur un dialogue démocratique, pacifique, conformément à la constitution de l'Ukraine», affirme-t-elle également, alors que Viktor Ianoukovitch a dénoncé un «coup d'État».

Washington promet également de travailler avec ses «alliés, avec la Russie et avec les organisations européennes et internationales appropriées» afin de soutenir une Ukraine «prospère, unie et démocratique».

Moscou a de son côté  accusé l'opposition d'avoir manqué à ses obligations après l'accord conclu vendredi et mis en garde contre une menace contre la souveraineté de l'Ukraine.

L'UE appelle les Ukrainiens à maintenir «l'unité» et «l'intégrité» du pays

La représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a appelé les responsables politiques ukrainiens à agir «de manière responsable» pour maintenir l'«intégrité territoriale» et l'«unité» du pays.

«L'Union européenne attend que tous en Ukraine agissent de manière responsable, avec pour objectif la défense de l'unité, la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale du pays», a déclaré dans un communiqué publié dans la nuit de samedi à dimanche à Bruxelles Mme Ashton, en emboîtant le pas au ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, qui avait lancé un appel similaire un peu plus tôt dans la soirée.

Le premier ministre polonais Donald Tusk a estimé samedi soir qu'il existait des forces menaçant l'intégrité territoriale de l'Ukraine, sans préciser leur nature.

L'Ukraine, 46 millions d'habitants, est divisée entre l'est russophone et russophile, majoritaire, et l'ouest nationaliste et ukrainophone.

Après une folle journée qui a vu le président Viktor Ianoukovitch de facto destitué par les députés du Parlement ukrainien, qui ont décidé d'organiser une élection présidentielle anticipée le 25 mai, et la libération-surprise de l'opposante Ioulia Timochenko, Mme Ashton a appelé les pro-Ianoukovitch et l'opposition à «poursuivre un dialogue constructif afin de répondre aux aspirations démocratiques légitimes du peuple ukrainien».

Elle a assuré que l'UE suivait «minute par minute» l'évolution de la situation dans l'ancienne république soviétique, que Moscou souhaite garder dans sa sphère d'influence.

«J'appelle chacun à respecter l'État de droit et la Constitution. Nous avons besoin d'une solution durable à la crise politique», a insisté la représentante de l'UE, qui a par ailleurs salué, comme d'autres responsables de l'UE avant elle, la libération de Mme Timochenko.

Cette solution doit inclure une «réforme de la Constitution, la formation d'un nouveau gouvernement élargi et la création des conditions adéquates pour la tenue d'élections démocratiques», a-t-elle ensuite détaillé, en réitérant les offres d'assistance de l'UE pour aider l'Ukraine à sortir de la crise qu'elle traverse depuis trois mois et qui a fait une centaine de victimes.

Londres prêt à soutenir «un nouveau gouvernement»

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a salué samedi dans un communiqué les «avancées extraordinaires» en Ukraine, se disant prêt à soutenir «un nouveau gouvernement» et le déblocage d'une aide financière du Fonds monétaire international (FMI).

«Aujourd'hui je suis en contact étroit avec des partenaires clé au sujet des avancées extraordinaires en Ukraine», a-t-il indiqué.

«Les événements de ces dernières 24 heures montrent la volonté des Ukrainiens d'avancer vers un avenir différent et garantissent que les voix qui se sont courageusement élevées ces derniers mois sont entendues», a-t-il ajouté, «saluant» les informations faisant état de la libération de Ioulia Timochenko.

Sur son compte Twitter, il a également écrit «s'être entendu aujourd'hui avec le ministre allemand des Affaires étrangères Steinmeier pour soutenir un nouveau gouvernement en Ukraine et faire pression (pour le déblocage d')une aide financière vitale du FMI».

«Nous allons travailler en étroite collaboration avec nos partenaires de l'UE afin de soutenir un nouveau gouvernement en Ukraine, quand il sera formé», a-t-il répété dans le communiqué.

«D'ici là, il est important que les responsables politiques ukrainiens réagissent calmement aux événements, avec la détermination de mobiliser les efforts de tous les Ukrainiens pour travailler ensemble à un avenir couronné de succès».

Le parlement ukrainien a libéré samedi l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko et décidé qu'une élection présidentielle anticipée aurait lieu en mai, destituant de facto Viktor Ianoukovitch, qui, de son côté, refuse de démissionner et dénonce un «coup d'État».




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