Breivik s'excuse pour les victimes sans allégeance politique

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La question de la santé mentale d'Anders Behring Breivik, jugé psychotique par une première expertise psychiatrique mais sain d'esprit par une contre-expertise, s'annonce comme centrale dans ce procès.

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Tuerie en Norvège

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Tuerie en Norvège

La Norvège, l'un des pays les plus sûrs au monde, a été frappée le 22 juillet par ses plus lourdes attaques depuis la Seconde Guerre mondiale. Une bombe a d'abord explosé au centre-ville d'Oslo, puis une fusillade a tourné au carnage, sur l'île d'Utoya, près d'Oslo. »

Pierre-Henry Deshayes
Agence France-Presse
Oslo

Anders Behring Breivik, jugé pour la mort de 77 personnes en juillet dernier en Norvège, a présenté ses excuses lundi pour ses victimes sans appartenance politique, refusant toutefois de faire de même auprès des proches des adolescents tués sur l'île d'Utoya.

De sa voix invariablement calme et détachée, l'extrémiste de droite de 33 ans a comparé son sort à celui des familles endeuillées par son carnage, estimant avoir lui aussi «absolument tout perdu» le 22 juillet 2011.

«J'aimerais leur présenter mes profondes excuses», a dit Breivik à l'adresse des proches des passants tués ou blessés par l'explosion de la bombe qu'il avait déposée ce jour-là près du siège du gouvernement norvégien.

Au procureur lui demandant s'il voulait étendre ses excuses aux familles des autres victimes, y compris celles des adolescents qu'il avait abattus pendant un camp d'été de la Jeunesse travailliste sur l'île d'Utoya, Breivik a répondu par la négative.

«C'était pathétique», a réagi Jon Hestnes, représentant les proches des personnes mortes dans le quartier des ministères à Oslo. «Ce qu'il a dit n'aide personne. Rien dans son langage corporel ne montre qu'il croit en ce qu'il dit», a-t-il déclaré à la chaîne TV NRK.

Le massacre du 22 juillet était «atroce mais nécessaire», a répété Breivik, estimant s'en être pris à des «cibles politiques légitimes».

Selon lui, 44 des personnes abattues sur Utoya, petite île qu'il a qualifiée de «camp d'endoctrinement politique», avaient des responsabilités au sein de la Jeunesse travailliste.

Au total, 69 personnes sont mortes sur l'île. Huit autres ont péri dans l'explosion, juste auparavant, d'une camionnette piégée au pied de la tour abritant les bureaux du premier ministre travailliste Jens Stoltenberg, absent à ce moment-là.

«Ils ont perdu tout ce qu'ils avaient de plus cher», a dit Breivik, au sujet des proches. «Mais moi, j'ai perdu famille et amis même si, en ce qui me concerne, c'était un choix», a-t-il précisé.

«Il n'est pas souhaitable de s'en prendre à des personnes âgées de moins de 18 ans (...) mais dans la pratique, il était impossible de faire la différence», a-t-il estimé.

«Le referais-je en sachant que 40% (des victimes, NDLR) avaient moins de 18 ans? Oui, je le referais», a-t-il ajouté.

Poursuivant ses explications sur la tuerie d'Utoya, Breivik a détaillé comment il avait épargné la vie de deux participants du camp d'été, l'un de 10 ans -dont il venait d'abattre le père- et jugé trop jeune et l'autre parce qu'«il ne ressemblait pas à un marxiste».

Il a aussi expliqué dans le détail comment il envisageait d'égorger, tout en la filmant et en lisant un texte, Mme Gro Harlem Brundtland, ex-première ministre travailliste qui avait tenu un discours quelques heures plus tôt sur Utoya.

Soulevant des rires dans l'assistance, il a également précisé avoir envisagé de prendre la fuite en «expropriant», selon sa propre expression, un avion de tourisme grâce à des rudiments de pilotage appris sur YouTube.

Les rires sarcastiques ont redoublé dans le prétoire quand le procureur a rappelé qu'une semaine avant le massacre, il avait appelé un service d'assistance automobile parce qu'il n'arrivait pas à enclencher la marche arrière de son véhicule de location.

La question de la santé mentale de Breivik, jugé psychotique par une première expertise psychiatrique mais sain d'esprit par une contre-expertise, s'annonce comme centrale dans ce procès.

Déclaré pénalement irresponsable, il risque l'internement psychiatrique à vie. Responsable, il encourt 21 ans de prison, une peine qui pourrait ensuite être prolongée aussi longtemps qu'il sera considéré comme dangereux.

En dernier ressort, il reviendra aux juges de trancher la question de sa santé mentale dans leur verdict attendu en juillet.




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