Haïti n'est pas en train de se relever après le séisme de janvier, a estimé mardi la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, en appelant à rompre avec la logique d'assistance et à impliquer davantage la population de ce pays le plus pauvre du continent américain.

Mis à jour le 20 juill. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

Six mois après le tremblement de terre du 12 janvier, «une situation alarmante prévaut dans ce pays. Haïti s'en relève-t-il? Non. Pour le moment, il ne s'en relève pas», a déploré Michaëlle Jean, d'origine haïtienne, lors d'une allocution à Paris devant quelque 2200 membres du réseau culturel français à l'étranger, réunis pour une convention annuelle.

«Le temps est venu de rompre avec la logique d'assistance qui a transformé Haïti en laboratoire», a-t-elle ajouté, en soulignant que la solidarité devait s'exprimer en totale coopération avec le gouvernement haïtien. «Il faut une nouvelle éthique du partage», a-t-elle dit, en faisant valoir que «Haïti ne se relèvera pas sans la participation pleine et entière des femmes, des hommes et des enfants de ce pays».

Aujourd'hui désoeuvrée, la population haïtienne «doit être incluse dans chaque projet», a demandé la gouverneure, en appelant à un effort particulier pour l'éducation dans un pays où plus de 1,5 million d'enfants ne sont pas scolarisés.

Ambassadeur de France en Haïti, Didier Le Bret, a admis lors de la même convention que «des choses n'avancent pas». La question demeure de savoir si les camps de toile vont perdurer, et la langue de travail, l'anglais, utilisée lors des secours, «a contribué à évincer la population», a-t-il reconnu. Les habitants de Haïti ont pour première langue le créole haïtien, auquel s'ajoute le français pour les plus éduqués d'entre eux.

Haïti a perdu plus de 200 000 personnes dans le séisme qui a également fait près de 1,2 million de sans-abri, détruit 70% de la capitale et englouti la moitié de la faible économie du pays.