Huit jours après le séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier, plus de 300 campements improvisés regroupent environ 370 000 sans-abri à Port-au-Prince, a estimé mercredi l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les campements improvisés sont éparpillés dans la ville, regroupant environ 370 000 personnes «vivant dans des abris de fortune, sans accès à des réseaux d'eau», selon les données recueillies sur place par l'OIM et ses partenaires. «Jusqu'à ce que des tentes puissent leur être fournies, la priorité pour ces gens est d'avoir des bâches de plastique, des bidons pour stocker l'eau et des comprimés de purification d'eau», a indiqué l'organisation dans un communiqué.

«Des quartiers entiers sont vides. Les plus pauvres d'entre les pauvres sont restés dans la ville mais beaucoup de gens ont quitté Port-au-Prince, la plupart pour se rendre dans d'autres villes où ils ont de la famille ou des amis», a commenté le chef de la mission de l'OIM sur place Vincent Houver.

«Une seconde vague quitte la ville, formée de gens qui n'ont ni famille ni amis et qui se dirigent vers des villes qui n'ont pas la capacité de les accueillir», a averti l'OIM.

«Un afflux important de déplacés en provenance de la capitale est signalé à Miragoane, dans le département de Nippes, et 5 000 autres personnes, dont des blessés, sont arrivées dans le département de Grand Anse par la route et par voie maritime», selon les informations communiquées à l'OIM par ses partenaires sur place.

Dans la ville de Jacmel, à 80 km de Port-au-Prince, ils sont environ 12 000 à avoir fui leur maison pour se regrouper dans huit campements improvisés, selon les derniers pointages réalisés lundi avec l'OIM.

À Port-au-Prince, «les travaux ont commencé sur un site repéré durant le week-end dans la banlieue de la Croix des Bouquets pour établir un grand camp», a indiqué l'OIM. «Un bataillon brésilien de la Minstah (la mission de stabilisation de l'ONU en Haïti) effectue des terrassements pour l'établissement d'un camp de tentes (...). La Banque interaméricaine de développement prévoit de construire des maisons en dur pour 30 000 personnes», a précisé l'OIM.

L'organisation estime qu'au total 200 000 familles, soit environ un million de personnes, ont besoin en Haïti d'une aide immédiate pour se procurer un abri.