L'indépendance de l'Écosse serait négative à court terme pour le secteur hautement emblématique du Scotch whisky, selon une étude de la banque néerlandaise Rabobank publiée à deux jours d'un référendum décisif sur la question.

Publié le 17 sept. 2014
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Les bénéfices à court terme d'un vote positif sont réduits tandis que les risques sont significatifs», écrit l'analyste Elena Saputo dans une note.

Le produit d'exportation le plus célèbre d'Écosse (et le deuxième en valeur après le pétrole) pourrait en effet souffrir d'une limitation de l'accès aux marchés internationaux, en particulier vers l'Union européenne, qui compte pour 37 % des exportations de Scotch. La question de l'adhésion du nouveau pays à l'UE en cas de «oui» au référendum de jeudi reste en effet épineuse.

L'indépendance pourrait aussi peser sur le prix des matières premières utilisées pour confectionner le breuvage, note Rabobank. Sans la politique agricole commune (PAC) européenne, «il n'est pas certain que les fermiers écossais puissent produire assez d'orge», la céréale utilisée pour le malt.

Parmi les autres points négatifs, la banque liste encore le risque associé aux changes, alors que la question de la monnaie d'une Écosse indépendante reste incertaine, ainsi qu'une hausse des taux d'intérêt et des d'impôts.

Le secteur du whisky a déjà exprimé ses craintes ces derniers mois face à un possible saut dans l'inconnu.

La Scotch Whisky Association (SWA) vient ainsi de souligner qu'une sortie de l'UE même temporaire serait «dommageable et difficile à gérer», tout en louant le soutien à l'exportation du réseau diplomatique du Royaume-Uni à travers le monde.

Les exportations de whisky écossais ont représenté 4,3 milliards de livres (7,7 milliards de dollars) en 2013 et le secteur soutient 35 000 emplois, selon la SWA.

«L'impact exact de l'indépendance sera toutefois autant déterminé par les actions du gouvernement écossais après le vote que par le vote lui-même», a conclu Rabobank.