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Attaques chimiques «systématiques» en Syrie

Au mois de mai, l'organisation Human Rights Watch... (Photo Badi Khlif, Reuters)

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Au mois de mai, l'organisation Human Rights Watch a accusé le régime syrien d'avoir attaqué trois villes du nord de la Syrie en larguant par hélicoptère des barils chargés de chlore.

Photo Badi Khlif, Reuters

Une équipe d'inspecteurs de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) conclut dans un nouveau rapport que des produits toxiques ont été utilisés «de manière systématique» lors d'attaques survenues au printemps dans le nord de la Syrie.

Les représentants de l'organisation notent que les informations recueillies lors d'une visite dans le pays semblent confirmer que des «agents irritants» pour les voies respiratoires, comme le chlore, ont été lancés.

Les inspecteurs disent avoir contacté des médecins établis dans le village de Kafr Zeyta, qui aurait fait l'objet de plusieurs attaques de ce type, et obtenu un compte rendu verbal de la condition de plusieurs personnes touchées. Ils ont aussi pu observer une vidéo montrant une attaque et des munitions utilisées.

Le rapport prévient que la délégation de l'OIAC n'a pu parvenir à des «conclusions définitives» faute d'avoir pu se rendre dans le village en question, leur convoi ayant été attaqué par des hommes armés.

Le rapport ne dit pas explicitement qui, des rebelles ou du régime, a utilisé les armes chimiques. Ses auteurs relèvent cependant que les allégations d'utilisation du chlore considérées concernent des zones que Damas estime être hors de son «contrôle effectif».

Le gouvernement et les rebelles s'accusent mutuellement d'user d'armes chimiques dans le conflit. Damas a notamment affirmé à l'OAIC que des insurgés avaient pris le contrôle d'une usine de production de chlore au nord d'Alep.

Au mois de mai, l'organisation Human Rights Watch a accusé le régime d'avoir attaqué trois villes du nord de la Syrie en larguant par hélicoptère des barils chargés de chlore. L'organisation relevait alors que le gouvernement syrien est la seule partie au conflit qui dispose d'hélicoptères.

Silence diplomatique

Les conclusions du rapport de l'OIAC n'ont guère eu d'écho, hier, sur le plan diplomatique. Ce silence relatif contraste fortement avec la polémique qui avait suivi l'annonce d'une attaque chimique meurtrière en banlieue de Damas, en août 2013.

Les États-Unis et la France avaient alors menacé de bombarder la Syrie en reprochant au régime de Bachar al-Assad - qui imputait plutôt l'attaque aux rebelles - d'avoir outrepassé une «ligne rouge» fixée précédemment par le président américain Barack Obama.

Ces pays ont fait marche arrière après qu'une entente eut été conclue, sous l'égide de la Russie, prévoyant la destruction des armes chimiques du pays.

Les États-Unis ont récemment critiqué les retards dans l'élimination des stocks d'armes chimiques syriens, accusant le régime de frustrer «volontairement» les efforts de l'OAIC à ce sujet. Malgré ces critiques, le ton de l'administration américaine est demeuré modéré.

Le politologue Sami Aoun ne s'étonne pas outre mesure de constater que la question de l'utilisation des armes chimiques suscite moins d'intérêt que l'année dernière.

Selon lui, le président Obama «n'a jamais eu la conviction d'intervenir directement en Syrie» et voit d'un bon oeil que le pays de Bachar al-Assad soit enlisé dans un conflit durable qui mobilise aussi le Hezbollah et l'Iran.

Avec la montée en puissance des djihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), qui contrôlent un territoire chevauchant l'Irak et la Syrie, le véritable sujet de préoccupation de l'heure est le risque de fractionnement des pays de la zone «selon des lignes ethno-confessionnelles», prévient M. Aoun.

Henri Habib, de l'Université Concordia, pense que l'EIIL aura du mal à maintenir une présence forte en Syrie tout en tentant de contrôler de vastes parties de l'Irak.

Il ne croit pas pour autant que la dynamique du conflit syrien sera chamboulée. «Pour l'instant, c'est le régime qui a l'avantage. Mais à long terme, il n'y a pas de vainqueur», souligne le professeur de sciences politiques.




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