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Présidentielle syrienne le 3 juin: une «farce» selon l'opposition

Le président Bachar al-Assad s'entretient avec des citoyens... (PHOTO AP/SANA)

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Le président Bachar al-Assad s'entretient avec des citoyens syriens, lors d'un déplacement en banlieue de Damas, le 20 avril.

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Les manifestations pour un changement de régime en Syrie donnent lieu à de violentes répressions. Lisez notre dossier sur le sujet. »

Agence France-Presse
Damas

L'élection présidentielle en Syrie, qui devrait conduire à la réélection de Bachar al-Assad, aura lieu le 3 juin malgré la guerre sanglante qui ravage le pays et l'opposition de nombreux États réclamant son départ du pouvoir.

Le résultat du scrutin n'aura «aucune valeur ni crédibilité», a d'ores et déjà estimé le gouvernement britannique.

Cette annonce «devrait être considérée comme une farce», a réagi de son côté le bureau du chef de la Coalition nationale de l'opposition, Ahmad Jarba, ajoutant qu'il n'y avait «pas de corps électoral en Syrie capable d'exercer son droit de vote» après trois années de guerre.

Alors que les violences, qui ont fait plus de 150 000 morts, ne montrent aucun signe de répit, des tirs de mortier près du Parlement ont tué deux personnes avant l'annonce du calendrier du scrutin, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

«Je fixe au mardi 3 juin la date de l'élection d'un président (...) pour les citoyens résidant en Syrie (...) et au 28 mai (...) pour les Syriens vivant à l'étranger», a déclaré le président du Parlement Mohammad al-Laham lors d'une séance solennelle.

«Il s'agit de la première élection pluraliste et nous sommes confiants que vous (le peuple syrien) allez choisir celui qui mérite de diriger la Syrie, de la défendre», a-t-il ajouté, promettant un scrutin «libre et juste».

Mais, pour l'ONU, cette élection «va nuire au processus politique» et est «incompatible avec l'esprit et la lettre du communiqué de Genève», sur lequel se sont fondées les négociations entre pouvoir et opposition, aujourd'hui dans l'impasse.

Le dépôt des candidatures se fera du 22 avril au 1er mai.

Jusqu'à présent, Bachar al-Assad - comme son père Hafez précédemment - avait été choisi par référendum. Candidat unique, il avait été élu pour sept ans en 2000 avec 97,29% des voix, puis réélu en 2007 avec 97,62% des votes.

Parlement acquis au régime

La nouvelle Constitution approuvée en 2012 donne pour la première fois la possibilité à plusieurs candidats de se présenter, mais les conditions requises limitent fortement leur nombre.

Selon les clauses approuvées par le Parlement le 14 mars, le futur président doit avoir vécu en Syrie de manière continue ces 10 dernières années, et tout candidat doit obtenir le soutien d'au moins 35 des 250 députés.

Or le Parlement étant acquis au régime, ces articles rendent quasiment impossible la candidature d'un opposant de l'extérieur, et très difficile celle d'un opposant de l'intérieur.

M. Assad, qui n'a pas encore annoncé officiellement sa candidature, avait affirmé en janvier à l'AFP qu'il y avait «de fortes chances» qu'il se représente.

Soulignant que «depuis 1963, il n'y a pas eu d'élections transparentes», un membre de la Coalition nationale de l'opposition, Samir Nashar, a déclaré à l'AFP que ce scrutin ne «sera qu'une simple perpétuation du passé».

«Assad essaie d'envoyer le message, aux Syriens et au reste du monde, qu'il n'abandonnera pas le pouvoir», a-t-il estimé.

En vertu de la nouvelle Constitution, M. Assad a le droit de se présenter à deux nouveaux mandats de sept ans.

Une source de sécurité syrienne a affirmé à l'AFP s'attendre à «une augmentation du nombre d'obus sur Damas pour tenter de saboter l'élection».

«Élection sans surprise»

Pour Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie, «Assad peut organiser le scrutin sans problème car il contrôle le territoire où se trouve la majorité de la population. Il lui reste à trouver deux figurants pour donner un semblant de compétition à cette élection sans surprise».

«Le scrutin se déroulera dans la zone gouvernementale: cette bande de territoire qui va de la frontière jordanienne jusqu'à Lattaquié en passant par Damas, Homs et Hama ainsi que les villes tenues par le régime dans la zone Nord et Est comme Idleb, la moitié d'Alep et la moitié de Deir Ezzor».

Selon lui, M. Assad contrôle «40% du territoire habité. Cependant, 60 à 70% de la population se trouve en zone gouvernementale contre 20 à 30% dans les zones rebelles et 10% à l'étranger».

Sur le terrain, 52 civils, dont 14 enfants, ont été tués dimanche par des raids aériens à Alep, d'après l'OSDH. Selon un activiste, des hélicoptères ont visé des marchés, et certaines victimes ont été brûlées vives car un baril d'explosif est tombé sur un dépôt de carburant.

Par ailleurs, à Homs (centre), l'armée a repris des bâtiments passés la veille sous le contrôle des rebelles. Et une voiture piégée a tué deux soldats au nord de Damas.




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