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Paris accuse le régime syrien d'avoir utilisé du gaz sarin

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Le conflit en Syrie a fait depuis mars 2011 plus de 94 000 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, et provoqué le déplacement de 4,25 millions de personnes.

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Agence France-Presse
Paris

La France a accusé mardi le régime de Bachar al-Assad d'avoir utilisé à au moins une reprise du gaz sarin en Syrie, soulignant que «toutes les options sont sur la table», même celle d'une action armée, alors que Washington a demandé davantage de preuves.

«Nous n'avons aucun doute sur le fait que les gaz ont été utilisés (...). La conclusion du laboratoire est claire: il y a du gaz sarin», a affirmé sur la chaîne de télévision France 2 le chef de la diplomatie française, qui a évoqué des échantillons provenant de journalistes du quotidien Le Monde, mais aussi d'une autre source qu'il n'a pas précisée.

«Dans le deuxième cas, il ne fait aucun doute que c'est le régime et ses complices puisqu'on a l'intégralité de la chaîne, depuis le moment où l'attaque a lieu, le moment où les gens sont tués, où on a les prélèvements et où on les fait analyser», a expliqué Laurent Fabius.

La France est le premier pays à se montrer aussi catégorique quant à l'utilisation d'armes chimiques en Syrie, régulièrement évoquée depuis plusieurs mois et dont les Occidentaux, Barack Obama en tête, avaient fait une «ligne rouge», avant de se montrer plus prudents.

«Il y a une ligne qui est franchie incontestablement. Nous discutons avec nos partenaires de ce qu'il va falloir faire et toutes les options sont sur la table. Ou bien on décide de ne pas réagir ou bien on réagit, y compris d'une façon armée, là où est produit, où est stocké le gaz», a souligné M. Fabius, avant de nuancer en disant: «nous n'en sommes pas là».

«Il faut à la fois réagir et en même temps ne pas bloquer la conférence éventuelle de la paix», a-t-il ainsi dit, faisant allusion à une réunion préparatoire en vue d'une conférence internationale de paix sur la Syrie prévue pour mercredi à Genève.

L'initiative de cette nouvelle conférence, après celle de juin 2012, baptisée «Genève-2» et rassemblant notamment représentants du gouvernement syrien et de l'opposition, a été prise début mai par les chefs des diplomaties russe et américaine, Sergueï Lavrov et John Kerry. Evoquée un temps pour juin, elle pourrait n'avoir lieu qu'en juillet.

La Maison-Blanche a aussitôt réagi aux accusations de Paris, considérant que davantage de preuves étaient nécessaires.

«Il nous faut enquêter davantage (...). Davantage de travail reste nécessaire pour établir qui est responsable de l'utilisation (de gaz), quelles quantités ont été utilisées, et recueillir davantage de détails sur les circonstances de leur utilisation», a jugé le porte-parole de Barack Obama, Jay Carney.

M. Fabius précise qu'il a remis les résultats des analyses mardi matin au professeur Ake Sellström, chef de la mission d'enquête mise en place par le secrétaire général des Nations unies et chargée d'établir les faits sur les allégations d'emplois d'armes chimiques en Syrie.

Pas de livraison de missiles S-300, selon Moscou

La Commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie a dénoncé mardi l'usage de «quantités limitées d'agents chimiques» à au moins quatre occasions en Syrie, en mars et avril, dans son dernier rapport devant le Conseil des droits de l'Homme, sans pouvoir identifier précisément la nature de ces agents ni leurs utilisateurs.

Le sarin est un puissant gaz neurotoxique, inodore et invisible. Outre son inhalation, le simple contact avec la peau de ce gaz bloque la transmission de l'influx nerveux et entraîne la mort par arrêt cardio-respiratoire. La dose létale est d'un demi-milligramme pour un adulte.

Le président russe Vladimir Poutine a assuré mardi que Moscou n'avait pas «pour l'instant» livré de missiles S-300 à la Syrie pour ne pas «rompre l'équilibre des forces» dans la région.

L'installation de ces systèmes capables d'intercepter en vol des avions ou des missiles guidés, compliquerait fortement tout projet des États-Unis ou de leurs alliés d'établir une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Syrie ou d'intervenir pour sécuriser ou démanteler des armes chimiques.

Vladimir Poutine, dont le pays est le principal soutien du régime de Damas, a également estimé que «toute tentative d'influer sur la situation en Syrie par la force, par une ingérence militaire, (était) vouée à l'échec et entraînerait de lourdes conséquences humanitaires».

Le conflit en Syrie a fait depuis mars 2011 plus de 94 000 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), et provoqué le déplacement de 4,25 millions de personnes dans ce pays dont la population est évaluée à 22 millions d'habitants.

Dans son dernier rapport présenté mardi à Genève, la commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie a relevé que les «crimes de guerre et crimes contre l'humanité étaient devenus une réalité quotidienne», citant notamment l'usage d'armes chimiques, des massacres et le recours à la torture.

«Je suis très surprise par la violence et la cruauté des actes criminels, surtout les actes de torture», a déclaré Carla del Ponte, membre de la Commission d'enquête.




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