Le sort du beau-frère du président Bachar al-Assad et vice-ministre de la Défense, Assef Shawkat, faisait mercredi l'objet d'intenses spéculations à la suite d'informations de militants anti-régime sur son «assassinat» et son «enterrement» dans son village.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Ex-chef des renseignements militaires et ancien chef d'état-major adjoint pour les affaires de sécurité, M. Shawkat est considéré comme l'un personnages les plus honnis par les opposants au sein du régime de M. Assad qui réprime la contestation dans le sang depuis mars 2011.

Les autorités syriennes n'ont pas réagi à ces informations et n'étaient pas joignables mercredi pour les commenter.

Le bruit a commencé à courir après la diffusion dimanche d'une vidéo où un homme, assis devant une table couverte du drapeau symbole de la révolte en Syrie, revendiquait l'assassinat de six hauts responsables.

Outre M. Shawkat, il s'agissait des ministres de l'Intérieur Mohammad al-Chaar et de la Défense Daoud Rajha, de Hicham Bakhtiar, chef de la Sécurité nationale, de Hassan Turkméni, adjoint au vice-président et de Mohammad Saïd Bakhtian, adjoint au chef du parti Baas au pouvoir.

M. Turkméni, apparu par la suite à la télévision d'État, et M. Chaar, interviewé par téléphone ont démenti cette information, accusant les chaînes satellitaires arabes Al-Arabiya et A-Jazira qui ont diffusé la vidéo de «mensonges et de calomnies». M. Shawkat n'a pas fait de démenti public.

Mercredi, sur la page The Syrian Revolution, les militants écrivaient à la mi-journée «Assef Shawkat est enterré en ce moment dans son village de Madhalé, dans la province de la ville côtière de Tartous. Que Dieu le maudisse».

«Il est mort empoisonné», précisent-ils.

La chaîne à capitaux saoudiens Al-Arabiya a cité des militants affirmant que dans le village natal de M. Shawkat, des drapeaux noirs ont été brandis en signe de deuil. Selon eux, le corps du responsable avait été transporté à un hôpital qui a été vidé de ses patients depuis mardi soir.

Né en 1950, M. Shawkat, un alaouite (confession minoritaire du clan Assad), a gravi progressivement les échelons du pouvoir après avoir épousé dans les années 90 Bouchra, soeur de Bachar al-Assad et unique fille de l'ex-président Hafez al-Assad.

Des informations avaient fait état de frictions avec sa belle-famille, qui ne l'aurait jamais accepté, et notamment avec Maher al-Assad, frère de Bachar.

Dans la vidéo de dimanche, l'homme, non identifié et se réclamant des «Brigades des Sahaba» (compagnons du prophète Mahomet), précise qu'au terme de deux mois de surveillance, une personne est parvenue à tuer ces responsables de la cellule chargée de la «gestion de la crise» en Syrie, dont fait partie M. Shawkat, sans plus de détails.