Près de trois semaines après son hospitalisation en Arabie saoudite, le président yéménite contesté Ali Abdallah Saleh n'a fait aucune apparition publique, alimentant les spéculations sur son état de santé.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi assure de facto l'intérim, mais n'a pas été chargé officiellement de diriger le pays. Il est soumis à d'intenses pressions de l'opposition pour former un conseil transitoire, afin de barrer la route à tout retour de M. Saleh.

Selon une source yéménite, M. Saleh se trouve toujours à l'unité de soins intensifs de l'hôpital militaire de Riyad, où il a été admis le 4 juin, au lendemain d'une attaque contre son palais à Sanaa.

«Son état ne s'est pas amélioré. Il est toujours en soins intensifs, et personne ne peut le rencontrer», a-t-elle affirmé.

Cette information contredit l'annonce, le 8 juin, par l'agence officielle yéménite Saba selon laquelle M. Saleh est «sorti des soins intensifs» après «le succès de l'opération chirurgicale» subie le 5 juin.

Elle contredit également une récente déclaration du ministre yéménite de la Santé, Abdel Karim Rassaa, qui avait affirmé s'être rendu le 11 juin au chevet de M. Saleh et l'avoir trouvé «en amélioration» constante.

Le ministre avait même annoncé que le président s'adresserait «très prochainement au peuple yéménite à travers les médias pour le rassurer sur sa santé».

Mais à l'exception d'un bref message audio diffusé par la télévision officielle au soir de l'attaque, M. Saleh ne s'est plus manifesté.

Depuis son hospitalisation, les responsables yéménites ont avancé diverses dates pour son retour.

Interrogé par l'AFP mardi, le vice-ministre yéménite de l'Information, Abdo al-Janadi, a déclaré que «personne ne peut avancer une date pour son retour», mais qu'il aurait lieu «dans les tout prochains jours».

«Le président va bien, il n'a plus de blessures qui font craindre pour sa santé et il subit actuellement des opérations de chirurgie esthétique en raison de brûlures», a-t-il dit.

Le chef de l'État, au pouvoir depuis près de 33 ans, a été blessé lors d'une explosion dans la mosquée du palais présidentiel où il participait à la prière du vendredi. Il a été évacué le lendemain à bord d'un avion médical saoudien à Riyad.

Onze de ses gardes du corps ont été tués et 124 personnes blessées, dont un grand nombre de dignitaires, parmi lesquels le premier ministre Ali Mohammed Moujawar et le président du Conseil consultatif Abdelaziz Abdelghani, également soignés en Arabie saoudite.

Le ministre de la Santé avait également affirmé que les autres dignitaires du régime blessés dans l'attaque étaient «tous hors de danger».

Mais la source yéménite a affirmé que seul l'état du président de la Chambre des députés, Yayha al-Rahi, était en amélioration.

L'Arabie saoudite pour sa part reste discrète sur l'état de santé du président yéménite, alors qu'un responsable saoudien ayant requis l'anonymat avait affirmé vendredi à l'AFP que M. Saleh ne regagnerait plus le Yémen, où il faisait face depuis janvier à un large mouvement de contestation.

Selon le quotidien saoudien al-Watan de mardi, qui cite une source diplomatique yéménite, «le président yéménite va bien et a commencé à accueillir ses visiteurs à l'hôpital».

«L'avion des lignes yéménites qui doit ramener le président Saleh à Sanaa en fin de semaine est arrivé à l'aéroport international de Riyad», a même déclaré le diplomate au quotidien.

Mais selon des sources politiques yéménites, c'est le conseiller politique de M. Saleh, Abdel Karim al-Iryani, qui s'est rendu à bord de cet avion à Riyad dans une visite discrète.