(Washington) Des ondes électromagnétiques pourraient être à l’origine du mystérieux « syndrome de La Havane » qui a frappé des diplomates et des militaires américains à travers le monde, ont indiqué mercredi les services de renseignement américains, soutenant ainsi la thèse d’attaques délibérées.

Publié le 2 février
Agence France-Presse

Selon un groupe d’experts consulté par les agences de renseignement, des ondes électromagnétiques et des ultrasons, émis à faible distance, pourraient avoir provoqué certains des « incidents anormaux de santé » (IAS), comme ils sont appelés dans le jargon administratif.

La technologie susceptible de provoquer le genre de symptômes constatés (maux de tête, nausées, vertiges, voire lésions neurologiques) existe, ont précisé ces experts, selon un extrait de leur rapport rendu public par la direction du renseignement américain.

Des centaines examinés, « une fraction des IAS ne peut pas être facilement expliquée par des conditions environnementales ou médicales et ils pourraient être dus à des stimuli externes », précise le document.

Selon ces experts, il est possible de concevoir des appareils faciles à dissimuler et capables d’envoyer des ondes électromagnétiques ou des ultrasons en direction d’une personne.  

Ils n’ont cependant pas précisé si ces appareils existaient déjà, ni n’ont conclu que de telles attaques avaient effectivement été menées.

Mais leur rapport contredit certaines conclusions publiées récemment sur l’absence de preuve d’implication d’une puissance étrangère dans ce mal mystérieux.  

Le mois dernier, un haut responsable du gouvernement américain avait indiqué, sous couvert d’anonymat, qu’il était « improbable qu’un acteur étranger, dont la Russie, mène une campagne mondiale prolongée pour nuire au personnel (des ambassades américaines) avec une arme ou un mécanisme ».

La majorité des cas s’expliqueraient par des conditions médicales, dont des maladies non diagnostiquées, ou des facteurs environnementaux et techniques, expliquait ce responsable. Mais une vingtaine de cas restaient inexpliqués.

Les experts dont le rapport a été publié mercredi ont rejeté plusieurs théories comme l’usage de rayonnement ionisant, qui peut être produit par des éléments radioactifs, d’agents chimiques ou biologiques, d’armes soniques ou acoustiques ou encore de chaleur issue de l’énergie électromagnétique.

Toutes ces théories sont « invraisemblables », ont-ils conclu.

Ce mal a d’abord frappé des diplomates américains et canadiens en poste à Cuba en 2016, d’où son nom de « syndrome de La Havane ».

Ces « incidents anormaux de santé » ont ensuite été signalés ailleurs dans le monde (Chine, Allemagne, Australie, Russie, Autriche) et même à Washington.  

En août 2021, la visite à Hanoï de la vice-présidente américaine Kamala Harris avait été retardée de trois heures après une alerte de ce type dans la capitale vietnamienne.