(Washington) Les États-Unis ont dénoncé jeudi les procès « politiques » à Cuba, dans lesquels des peines sévères auraient été requises, contre « plus de 90 » manifestants qui ont pris part en juillet au mouvement de protestation le plus important depuis la révolution de 1959.

Publié le 23 déc. 2021
Agence France-Presse

« Depuis le 13 décembre, le régime cubain a jugé plus de 90 manifestants du #11J à travers Cuba », a tweeté le secrétaire d’État américain adjoint chargé des Amériques, Brian Nichols, partageant un hashtag en référence à la date d’une des manifestations, le 11 juillet.

« Le monde constate l’ampleur de ces injustices », a-t-il ajouté, évoquant des peines requises « allant jusqu’à 25 ans », « de fausses accusations pour museler, et des conditions d’emprisonnement atroces pour des manifestants pacifiques ».

Selon un porte-parole de la diplomatie américaine, Brian Nichols entend « souligner le maintien en détention de centaines de manifestants pacifiques », ainsi que « les procès politiques organisés par le régime cubain ».

« Ces procès simultanés à travers l’île sont un affront aux droits humains des Cubains et à leurs demandes pour plus de liberté », a-t-il ajouté.

« Les procureurs cubains ont créé de toutes pièces des accusations fausses ou injustes » pour « museler les dissidents, tuer dans l’œuf de futures manifestations et intimider les voix critiques », a insisté ce porte-parole.

Selon lui, le gouvernement cubain semble vouloir profiter des fêtes de fin d’années pour « attirer moins d’attention » car des verdicts pourraient être prononcés « entre aujourd’hui et le jour de l’An ».

L’île dirigée par un pouvoir communiste a été secouée en juillet, et notamment le 11 de ce mois, par de vastes manifestations spontanées, inédites depuis la révolution de 1959.

Selon l’ONG Cubalex, 1270 personnes avaient été initialement arrêtées lors de ces rassemblements historiques qui ont fait un mort et des dizaines de blessés.

Le 16 novembre, la plateforme d’opposition Cuba Decide avait dénoncé l’arrestation de plus de 100 personnes et l’assignation à résidence d’une centaine d’activistes pour les empêcher, selon eux, de participer à de nouvelles manifestations.

La Havane a accusé Washington d’orchestrer ces manifestations.