(Port-au-Prince) Le festival international de jazz de Port-au-Prince, traditionnellement prévu fin janvier, a été reporté sine die en raison de la profonde insécurité dans la capitale haïtienne, sous l’emprise des gangs, ont annoncé dimanche les organisateurs de l’évènement.  

Agence France-Presse

« On ne peut pas prendre le risque, non seulement pour les 150 musiciens, pour nos équipes et pour le public, » a déploré lundi Milena Sandler auprès de l’AFP, directrice de la fondation Haïti Jazz qui organise le festival.

« Cela fait un petit moment que, même moralement, on se dit que ça serait difficile d’avoir un évènement festif dans ce contexte, » estime la responsable du festival Papjazz, qui réunit chaque année des musiciens d’une quinzaine de pays.

Longtemps cantonnés aux quartiers pauvres de la capitale, les gangs ont, ces derniers mois, étendu leur contrôle et multiplié les enlèvements crapuleux.

Leur mainmise sur le territoire empêche régulièrement l’accès sécurisé aux terminaux pétroliers.  

La pénurie de carburant qui en découle affecte sévèrement le secteur des transports mais hôpitaux, commerces et écoles sont également contraints de drastiquement réduire leurs activités.  

Dans ce contexte chaotique, les États-Unis et le Canada ont recommandé à leurs ressortissants vivant en Haïti de planifier leur départ du pays.

« On fait de la musique donc on ne peut pas, par les mots, s’exprimer justement contre cette situation, » commente Milena Sandler qui reste néanmoins motivée et espère qu’une édition du Papjazz aura bien lieu en 2022.  

« Si la situation du pays ne permet pas le format habituel, des concerts sur huit jours, on aura quand même quelque chose et pas du virtuel », explique-t-elle.  

« Si ça doit être un jour, ça sera sur un jour », conclut Milena Sandler qui, avec les partenaires haïtiens et internationaux du festival, réfléchit à une programmation pour fin juin.

Seule l’édition 2010 du Papjazz avait été annulée en raison du séisme qui avait, le 12 janvier, ravagé Port-au-Prince et plusieurs villes d’Haïti, tuant plus de 200 000 personnes.