(Nations unies) La crise humanitaire et économique due à l’éruption vendredi du volcan La Soufrière sur l’île de Saint-Vincent-et-les-Grenadines dans les Caraïbes va durer des mois et pourrait s’étendre à d’autres îles, a alerté mercredi l’ONU en réclamant une augmentation de l’aide internationale à ce petit pays, membre non permanent actuellement du Conseil de sécurité.

Agence France-Presse

« C’est une crise qui va nécessiter une réponse en termes humanitaires, mais aussi en termes de réhabilitation qui va au moins durer six mois et probablement neuf mois », a déclaré lors d’une visioconférence avec des journalistes à New York Didier Trebucq, coordinateur de l’ONU pour les Barbades et l’est des Caraïbes.

Les éruptions se poursuivent

Il a indiqué que les explosions au sein du volcan qui n’avait pas connu d’éruption depuis 1979 se poursuivaient au quotidien avec les nuages de cendres qu’elles provoquent. L’île de Saint-Vincent-et-les-Grenadines compte environ 110 000 habitants dont 20 000 ont dû être évacués. Environ 4000 personnes ont été installées dans des abris, mais « ce nombre grossit », a précisé le responsable de l’ONU.

La première priorité est liée à l’approvisionnement en eau, a indiqué Didier Trebucq, basé à la Barbade. Il faut « faire en sorte que les personnes les plus vulnérables qui sont aujourd’hui dans des abris puissent recevoir cette aide humanitaire d’urgence », a-t-il précisé alors qu’un navire militaire français, Le Ventôse, est arrivé mercredi à Saint-Vincent chargé d’eau et de 75 tonnes d’aide humanitaire.

« C’est difficile de dire combien de temps cela va durer. Par rapport aux expériences préalables, on sait que cela va durer plus de six mois. Tout va dépendre de la durée des éruptions du volcan. Il est possible que cela dure quelques semaines, il est aussi possible que cela dure plusieurs mois », a-t-il dit.

D’autres îles des Caraïbes

« Il y a des conséquences à moyen, long terme d’impact socio-économique dans une île comme Saint-Vincent-et-les-Grenadines, mais aussi la Barbade, Antigua-et-Barbuda, Sainte-Lucie ou la Grenade ou Saint-Kitt-et-Nevis parmi bien d’autres ».

Ce sont « des îles très proches de Saint-Vincent » et « les îles françaises, Martinique, Guadeloupe, peuvent être aussi impactées en fonction de la direction des vents et d’où se déposeront les cendres du volcan », a déclaré M. Trebucq.

En réclamant une mobilisation internationale plus conséquente pour venir en aide à Saint-Vincent, le responsable de l’ONU a rappelé que la saison des ouragans dans la région commençait dans deux mois et que la principale source de revenus des îles des Caraïbes, le tourisme, était en berne depuis un an pour cause de pandémie de COVID-19.