(La Havane) Cuba a commencé lundi à vacciner 124 000 travailleurs de la santé avec Abdala, son deuxième candidat-vaccin anti-COVID-19, dans le cadre d’un test à grande échelle auprès de populations à risque, selon les autorités locales.

Agence France-Presse

« L’étude d’intervention contrôlée avec le vaccin Abdala a été approuvée par l’autorité de régulation cubaine (Cecmed) samedi 27 mars et aujourd’hui lundi nous commençons la vaccination », a déclaré à la télévision cubaine le directeur de Science et Innovation du groupe pharmaceutique d’État BioCubaFarma, Rolando Pérez.

Au total, 124 000 Cubains âgés de 19 à 80 ans, « avec un risque élevé » d’être contaminés, participent à cette étude avec Abdala, candidat-vaccin dont les essais cliniques de phase 3 sont menés parallèlement auprès de 48 000 volontaires. Les deux tests sont effectués à Santiago de Cuba, Guantanamo et Bayamo, dans l’est du pays.

Un autre vaccin déjà à l’essai

Les autorités cubaines ont également lancé la semaine dernière deux autres études d’intervention avec le candidat-vaccin Soberana 2, également en phase 3, la dernière avant l’approbation finale.

L’une d’elles implique 150 000 travailleurs de la santé et l’autre, 1,7 million d’habitants, dont les sportifs qualifiés pour les Jeux olympiques de Tokyo.

Ces deux études, menées auprès de volontaires et sans placebo (tous reçoivent directement le vaccin), se poursuivront jusqu’à mai. L’objectif est de prouver à grande échelle l’efficacité des deux formules avant même le feu vert final, a expliqué Rolando Pérez.

Par ailleurs, en avril BioCubaFarma présentera à l’autorité de régulation « la demande d’essais cliniques des candidats-vaccins Soberana 1 et Soberana 2 sur la population pédiatrique », a-t-il indiqué.

« Une première étape » de ces essais concernera les enfants « de 12 à 18 ans », puis ceux de « 5 à 11 ».

Le gouvernement cubain prévoit de lancer sa campagne de vaccination en juin, avec ce qui serait alors le premier vaccin anti-coronavirus conçu et produit en Amérique latine.

Sous embargo américain depuis 1962, Cuba a commencé à développer ses propres vaccins dans les années 1980 et aujourd’hui 8 des 11 vaccins de son programme d’immunisation sont produits localement.

Le pays travaille sur quatre candidats-vaccins : Mambisa (en phase 1), Soberana 1 (en phase 2), Soberana 2, Abdala (en phase 3) ainsi qu’un cinquième, Soberana +, reformulation du Soberana 1 à destination des personnes convalescentes de la maladie.

Ces projets utilisent une protéine recombinante, une technique également utilisée par l’entreprise américaine de biotechnologie Novavax.

Le pays de 11,2 millions d’habitants reste relativement peu touché par la maladie, avec 73 204 cas, dont 417 décès.