Le président français Nicolas Sarkozy a haussé le ton contre le Pakistan où des «groupes terroristes» trouvent «refuge» et «s'entraînent», lors d'un hommage aux victimes des attentats de Bombay en 2008, mardi, au dernier jour de sa visite en Inde.

Nadège Puljak et Phil Hazlewood AGENCE FRANCE-PRESSE

«Il n'est pas acceptable que la sécurité de l'Inde puisse être menacée par des groupes terroristes agissant à partir de territoires voisins. Il n'est pas acceptable pour l'Afghanistan et pour nos soldats que les talibans et Al-Qaïda trouvent refuge dans les zones frontières du Pakistan», a déclaré M. Sarkozy.

Le chef de l'État s'exprimait lors d'une cérémonie d'hommage aux victimes des attentats de novembre 2008, qui avaient fait 166 morts. Cette cérémonie, en présence de proches des victimes, s'est déroulée dans l'un des complexes hôteliers visés par les attentats.

New Delhi a accusé un groupe islamiste installé au Pakistan, le Laskhar-e-Taïba (LeT), d'être derrière ces attentats dans la capitale économique du pays, qualifiés de «11-Septembre de l'Inde».

Nicolas Sarkozy a également affirmé qu'il n'était «pas acceptable pour le monde que des attentats terroristes aient pour origine ou pour auteurs des groupes entraînés au Pakistan».

«Aucune fatalité ne condamne le Pakistan à être la victime et le creuset du terrorisme mondial (...) Je compte sur toutes les autorités pakistanaises pour intensifier leurs efforts et se montrer résolues contre les criminels», a-t-il dit.

Avant lui, en juillet, le Premier ministre britannique David Cameron, en voyage en Inde, avait été très critique envers le Pakistan, ce qui avait provoqué un couac diplomatique. En visite lui aussi dans le pays début novembre, le président américain Barack Obama avait, plus diplomatiquement, encouragé au dialogue indo-pakistanais.

Nicolas Sarkozy achevait mardi sa visite de quatre jours en Inde, marquée notamment par des avancées dans les discussions économiques avec la signature d'un accord-cadre pour deux réacteurs nucléaires EPR.

Avant de terminer cette visite, l'une de ses plus longues à l'étranger, M. Sarkozy a regretté, devant la conférence économique franco-indienne, que «certains marchés» indiens ne soient «pas assez ouverts».

«Nous voulons ouvrir nos marchés aux produits textiles, pétroliers et agricoles mais il ne peut pas y avoir d'accord sans réciprocité», a-t-il dit.

La veille, la présidence française avait annoncé, à l'issue d'une conférence de presse conjointe entre le président Sarkozy et le Premier ministre Manmohan Singh, pour environ 15 milliards d'euros d'accords «signés ou sur le point d'aboutir» avec l'Inde.

Principale avancée: l'annonce par Paris et New Delhi d'un «accord-cadre général» pour deux réacteurs nucléaires EPR (environ 9,4 milliards de dollars canadiens), qui seront réalisés par le groupe français Areva et l'indien NPCIL (Nuclear Power Corporation of India limited).

La signature définitive de l'accord devrait intervenir en 2011, selon Areva.

Autre signe d'embellie des relations franco-indiennes, l'annonce par M. Singh que l'Inde multiplierait «par deux» les échanges commerciaux avec la France sur la période 2008-2012, à 12 milliards d'euros par an (environ 16,1 milliards de dollars canadiens).

Sur le plan diplomatique, la France et l'Inde ont également souhaité «agir de concert pour rendre le G20 aussi efficace que possible».

M. Singh a déclaré «soutenir» les objectifs de la présidence française de ce forum des 20 nations les plus riches, concernant notamment la régulation du prix des matières premières, et M. Sarkozy a réitéré son souhait de voir l'Inde devenir membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.