(Curah Kobokan) Le bilan de l’éruption destructrice du volcan indonésien Semeru a grimpé mardi à 34 morts, ont annoncé les autorités alors que le président de cet archipel d’Asie du Sud-Est s’est rendu sur place pour constater les dégâts.

Mis à jour le 7 déc. 2021
Haeril HALIM Agence France-Presse

Le plus haut sommet de l’île de Java s’est réveillé samedi, projetant des nuages de cendres qui se sont transformés avec la pluie en flots de boue brûlante, dévastant une dizaine de villages environnants et faisant fuir la population.  

« Le bilan enregistré par notre poste est de 34 morts et de 22 disparus, selon les signalements du public », a annoncé Irwan Subekti, le commandant militaire du district de Lumajang au cours d’un breffage mardi soir.

26 personnes sont gravement blessées, a-t-il ajouté.

Des rues entières ont été comblées par des amas de cendres grises et de boue, recouvrant des camions ou des maisons jusqu’au toit.

Le village de Curah Kobokan, le plus proche du cratère, a été dévasté par les cendres brûlantes qui ont été fatales à nombre d’habitants.

« Je suis traumatisé, j’ai demandé à mes proches s’ils avaient le courage de retourner à Curah Kobokan et ils m’ont dit non, qu’ils préféraient dormir sous un arbre », a dit Marzuki Suganda, un trentenaire qui travaillait à une mine de sable dans la zone.

« Quand l’éruption s’est produite, j’ai vraiment pensé que nous allions mourir là-bas ».

Difficile travail des sauveteurs

Les sauveteurs travaillent dans des conditions difficiles pour rechercher des survivants et des corps, parmi les débris, la boue et la cendre.  Ils ont fait appel à des chiens pour les aider. Mais la menace du volcan, l’instabilité du sol et la pluie qui peut charrier des débris ralentissent leurs efforts.  

Le volcan montre une activité intermittente, avec plusieurs éruptions chaque jour de moindre ampleur depuis le week-end, et plus de 4200 habitants ont dû être évacués, selon un dernier bilan.

Des milliers de maisons et bâtiments ont été endommagés dont 24 écoles, selon les données provisoires du centre AHA de gestion des catastrophes de l’Asean.

Les autorités ont demandé aux habitants de ne pas s’approcher à moins de cinq kilomètres du cratère, l’air saturé de poussières de cendre dans la zone étant dangereux pour les personnes vulnérables.

Le président indonésien Joko Widodo a promis que le gouvernement aiderait à reloger ceux qui ne peuvent plus rentrer chez eux à cause du risque d’éruption.

« J’espère que quand les choses se seront calmées, nous pourrons réparer les infrastructures et réfléchir à la possibilité de déplacer les logements des zones que l’on estime dangereuses », a-t-il indiqué, estimant qu’environ 2000 maisons étaient concernées.

Le Semeru, qui culmine à 3676 mètres, a connu de nombreuses éruptions ces dernières décennies, mais rarement aussi destructrices.

L’Indonésie est située sur la « ceinture de feu » du Pacifique où la rencontre des plaques continentales provoque une activité sismique élevée. Le pays compte près de 130 volcans actifs.