(New Delhi) L’Inde a dépassé lundi la barre des 50 000 décès dus au coronavirus, avec plus de 900 personnes mortes au cours des 24 dernières heures, selon les chiffres du ministère de la Santé.

Agence France-Presse

Le géant d’Asie du Sud a enregistré depuis le début de l’épidémie 50 921 morts de la COVID-19, soit 941 de plus que la veille, a indiqué le ministère sur son site internet.  

La semaine dernière, l’Inde a dépassé la Grande-Bretagne et est devenue le quatrième pays au monde où l’épidémie a fait le plus de morts, derrière les États-Unis, le Brésil et le Mexique.

Avec 2,6 millions de cas officiels de COVID-19, le pays de 1,3 milliard d’habitants est la troisième nation du monde qui compte le plus de contaminations, après les États-Unis et le Brésil.

En dépit de la hausse du nombre de décès, le ministère de la Santé a tweeté dimanche que le taux de mortalité lié au virus en Inde était « l’un des plus bas de la planète », s’établissant à moins de 2 %.

« L’agressive mise en place réussie (d’une politique) de tests, d’un suivi complet et d’un traitement efficace grâce à une série de mesures a également contribué au niveau élevé de (personnes) qui se remettent » du virus, a ajouté le ministère dans une déclaration.

Mais de nombreux épidémiologistes estiment que les chiffres officiels indiens sont sous-estimés. Ils soulignent notamment que le nombre de tests réalisés en Inde est bien inférieur en proportion de sa population à celui d’autres nations, avec d’importantes disparités en fonction des régions.

« Dans les villes plus petites et les zones rurales, les tests de COVID-19 peuvent ne pas être disponibles », a déclaré à l’AFP Lalit Kant, un ancien responsable de l’Indian Council of Medical Research.

« Des patients présentant des symptômes similaires à ceux de la COVID-19 se voient souvent refuser l’accès aux infrastructures de santé, certains peuvent mourir sans qu’un test soit fait », a-t-il ajouté.

Même en temps normal, pointe-t-il, le recensement des morts dans le pays est imparfait aussi : « des études ont indiqué que […] seul un décès sur quatre certifié et une cause de la mort est établie ».  

De plus, jusqu’à 30 % des tests réalisés à l’échelle nationale en Inde sont des tests de détection rapide des antigènes qui, selon la presse indienne, peuvent produire des « faux négatifs » dans jusqu’à 50 % des cas.

L’Inde a instauré un confinement national brutal fin mars, qu’elle a levé début juin pour tenter de ranimer une économie exsangue. De nombreuses restrictions et mesures de quarantaine entre les différents États indiens restent toutefois en place.