(Srinagar) Le premier ministre indien Narendra Modi a effectué vendredi une visite surprise au Ladakh, région himalayenne frontalière de la Chine et source de tensions après un affrontement meurtrier entre les armées des deux géants asiatiques.

Agence France-Presse

Après s’être rendu dans la matinée dans une base militaire de la localité de Nimoo, le nationaliste hindou a ensuite salué des soldats blessés dans l’accrochage avec les troupes chinoises et soignés dans un hôpital de Leh, la capitale régionale.

Le chef d’état-major des armées et le chef de l’armée accompagnaient le premier ministre au cours de son déplacement dans cette zone où l’Inde a déployé d’importants renforts militaires ces dernières semaines.

« Dans ces circonstances difficiles, vous êtes le bouclier de la mère patrie », a déclaré devant des troupes le chef de gouvernement indien, qui avait revêtu une parka kaki et une casquette siglée d’un insigne militaire.

« L’âge de l’expansionnisme est terminé », a poursuivi Narendra Modi sans citer directement la Chine. « L’Histoire montre que l’expansionnisme a poussé l’humanité vers la destruction. »

« L’Inde a toujours suivi le chemin de la paix dans le monde, mais, en même temps, les faibles ne peuvent jamais faire progresser la paix. La bravoure et le courage sont des prérequis à la paix », a-t-il ajouté.

Lors de leur première altercation meurtrière en 45 ans, des militaires indiens et chinois se sont affrontés le 15 juin dans un corps-à-corps d’une extrême violence, dans une vallée disputée de ce désert en haute altitude.

Le choc a coûté à la vie à 20 militaires côté indien, et fait un nombre inconnu de victimes dans les rangs chinois. Les deux puissances nucléaires se rejettent publiquement la responsabilité de l’incident et affirment vouloir une résolution pacifique de la crise.

Cette confrontation a provoqué une poussée de fièvre antichinoise dans l’opinion publique indienne. Sur fond d’appels au boycottage de produits chinois, New Delhi a annoncé lundi l’interdiction de 59 applications chinoises (TikTok, Weibo, WeChat, CamScanner…) en Inde au nom de la sécurité nationale.

Lors de son point presse quotidien, le ministère chinois des Affaires étrangères a fustigé vendredi les « remarques irresponsables » de responsables politiques indiens et appelé à la coopération.

« Les frictions entre les deux camps sont la mauvaise voie à suivre, et vont à l’encontre des souhaits fondamentaux des deux peuples », a déclaré Zhao Lijian, un porte-parole de la diplomatie chinoise.

« L’Inde ne devrait pas faire de mauvais jugement stratégique envers la Chine », a-t-il mis en garde.