(Lahore) Au moins 22 personnes ont péri dans la collision d’un train avec un minibus sur un passage à niveau dans l’est du Pakistan, a annoncé vendredi le gouvernement, énième accident du genre dans le pays.

Agence France-Presse

« Le passage à niveau était sans surveillance et le conducteur de la camionnette a pris une décision hâtive en se dirigeant vers les voies » dans la ville de Farooqabad, a déclaré à l’AFP Quratul Ain, porte-parole des chemins de fer pakistanais, ajoutant que les passagers étaient tous des pèlerins sikhs.

« Environ 20 personnes ont perdu la vie dans la collision tragique. Deux personnes ont par la suite succombé à leurs blessures, portant le nombre de morts à 22 », a indiqué le ministère pakistanais de l’Intérieur dans un communiqué.

Plus tôt dans la journée, le porte-parole de la police locale, Wajid Abbas, avait indiqué que 19 personnes étaient mortes - toutes de la même famille - et huit autres se trouvaient dans un état critique à l’hôpital. Aucun des passagers du train n’a été blessé.

Le premier ministre Imran Khan s’est dit « profondément attristé » sur Twitter par l’accident.

Les transports au Pakistan, faute de respect des règles de sécurité, enregistrent année après année un bilan humain désastreux.

En octobre dernier, 74 passagers d’un train ont péri dans l’explosion d’une bonbonne de gaz transportée par l’un d’entre eux pour cuisiner en chemin.

En février, au moins 18 personnes ont été tuées et 55 blessées lorsqu’un train a percuté un bus, le coupant en deux, sur un passage à niveau du sud du Pakistan. Fin mai, les quatre passagers d’une voiture sont morts dans les mêmes circonstances dans l’est du pays.

« Les gares et les voies ferrées sont déficientes. Chaque passager prenant le train est en danger », observait en janvier la Cour suprême, qualifiant la compagnie ferroviaire nationale d’entité « la plus corrompue » du gouvernement.

« Nous utilisons toujours la vieille voie ferrée, construite en 1861 » sous la présence coloniale britannique, a récemment indiqué à l’AFP le ministre des Chemins de fer Sheikh Rasheed Ahmed. « C’est un échec collectif des gouvernements successifs. »

Quelque 25 000 personnes meurent chaque année sur les routes pakistanaises, selon un responsable policier, malgré un parc automobile restreint pour un pays de plus de 200 millions d’habitants.

La mauvaise qualité des routes, des véhicules,  le nombre important de conducteurs sans permis et plus généralement le non respect des règles sont souvent cités pour expliquer ces chiffres.