(Guatemala) Ignacio Segura, adopté au Canada au début des années 1980 quand il n’avait que trois ans, a lancé mardi une campagne au Guatemala pour que ceux qui, comme lui, ont été adoptés pendant la guerre civile (1960-1996) puissent retrouver leur famille biologique.

Agence France-Presse

Des avis seront publiés sur les réseaux sociaux et des affiches proclamant « Je cherche ma famille » seront placardées dans les rues par un collectif baptisé H. I. J. O. S. (enfants) qui rassemble des survivants de la guerre civile.

« Mon rêve, c’est d’embrasser ma maman. Cela me soulagerait d’un poids qui m’écrase depuis que je suis tout petit », a déclaré Ignacio Segura, arrivé au Guatemala voici deux mois à la recherche de ses parents biologiques.

Il a expliqué à la presse avoir été enlevé par des fonctionnaires de la dictature alors qu’il était dans le sud du pays, et emmené à la capitale.

« Ils m’ont emmené dans un orphelinat […] et, comme beaucoup d’autres petits garçons et petites filles, j’ai été emporté vers un autre pays pour y être adopté contre mon gré et sans le consentement de ma vraie famille », a-t-il expliqué.

Selon Raul Najera, du collectif H. I. J. O. S., il y a plus de 5000 cas avérés d’enfants disparus, dont certains âgés d’un à six ans, « enlevés par des officiers de l’armée » dans des régions dévastées par les militaires, et qui ont ensuite été emmenés dans des orphelinats.  

PHOTO JOHAN ORDONEZ, AGENCE FFRANCE-PRESSE

Des avis seront publiés sur les réseaux sociaux et des affiches proclamant « Je cherche ma famille » seront placardées dans les rues par un collectif baptisé H. I. J. O. S. (enfants) qui rassemble des survivants de la guerre civile.

La campagne de communication a pour but de favoriser l’échange d’informations venant de la population comme d’organismes dans le but de réunir les Guatémaltèques adoptés à l’étranger avec leurs familles biologiques, a précisé M. Najera.

« Ils ont le droit de connaître la vérité, de retrouver leur identité et de renouer avec leur histoire dans ce pays », a ajouté le militant.

Déjà, environ 900 de ces enfants considérés comme disparus ont retrouvé leur famille, selon des organisations humanitaires guatémaltèques.

La guerre civile au Guatemala a fait quelque 200 000 morts et disparus, a révélé en 1999 une Commission pour la Vérité sous les auspices de l’ONU. L’armée a commis la majorité des massacres, visant essentiellement les communautés amérindiennes.