(Caracas) Le Venezuela, l’un des pays les plus violents au monde, a vu son taux d’homicides fortement chuter l’année dernière pour passer à 21 pour 100 000 habitants, contre 33 pour 100 000 en 2018, a annoncé mercredi le gouvernement de Nicolas Maduro.

Agence France-Presse

Le nombre de morts violentes recensées par les autorités a baissé de 36,9 % sur un an, a expliqué Nestor Reverol, ministre de l’Intérieur et de la Justice, lors d’une conférence de presse. Il n’a toutefois pas donné le nombre total de meurtres commis dans ce pays sud-américain de 30 millions d’habitants.

Le gouvernement socialiste explique que cette baisse s’inscrit dans une tendance amorcée en 2016, quand le taux d’homicides avait été de 56 pour 100 000 habitants.

Mais l’Observatoire vénézuélien de la violence contredit ces chiffres. Selon l’ONG, le Venezuela a enregistré l’année dernière 16 506 morts violentes pour un taux d’homicides de 60,3 pour 100 000.

Le taux moyen d’homicides dans le monde était de 6,1 pour 100 000 habitants en 2017, selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).  

Selon l’Observatoire de la violence, 32 % des homicides survenus l’an dernier au Venezuela ont eu lieu lors d’opérations anti-criminalité de la police.  

Le gouvernement estime que ces morts sont des cas de « résistance à l’autorité » et il ne les inclut pas dans ses statistiques sur les homicides. Selon lui, 17 849 personnes ont péri entre 2016 et le mois de mai dernier dans des cas relevant de « résistance à l’autorité ».

Pour la Haut-commissaire aux droits de l’Homme des Nations unies Michelle Bachelet, ces décès imputables aux forces de l’ordre, tous corps confondus, pourraient « constituer des exécutions extrajudiciaires » dans de nombreux cas.

Lors de sa conférence de presse, Nestor Reverol a contesté les chiffres avancés par l’Observatoire de la violence et a accusé l’ONG de « déformer » les données chiffrées dans le cadre d’une « guerre contre le gouvernement » vénézuélien.

Les armes, aisément disponibles, et l’impunité sont les deux facteurs principaux qui font du Venezuela l’un des pays les plus violents au monde.