(La Haye) La Cour internationale de justice s’est vendredi dite compétente pour statuer sur le litige territorial opposant le Guyana et le Venezuela et datant de plus d’un siècle, réveillé par la récente découverte de pétrole.

Agence France-Presse

Le Venezuela a accentué une revendication historique sur le territoire contesté de l’Essequibo, qui correspond environ aux deux tiers de l’actuel Guyana, depuis que le géant américain Exxon Mobil a trouvé en 2015 du pétrole brut au large des côtes de la région.

Le Guyana, ancienne colonie britannique, affirme que l’actuelle délimitation entre les deux pays est valide et se base sur une décision d’une cour d’arbitrage de Paris datant de 1899, un verdict jamais accepté par son voisin vénézuélien.

En 2018, le Secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres avait saisi la Cour internationale de justice à La Haye, chargée de statuer sur les différends entre États membres de l’ONU. Le Venezuela avait jugé la cour illégitime sur ce dossier, refusant d’assister aux audiences.

Les juges ont statué vendredi à 12 contre 4 que le tribunal « a compétence » à trancher dans le différend autour de l’arbitrage de 1899, a annoncé vendredi le président de la CIJ Abdulqawi Ahmed Yusuf.

La décision ouvre la voie à la tenue d’audiences portant sur le bien-fondé de l’affaire dans son ensemble.

Le Guyana poursuit ses projets de forage pétrolier dans les eaux contestées et s’attend à lancer prochainement la production.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro avait accusé le Guyana d’avoir porté le litige frontalier devant la justice internationale, de manière « unilatérale » et sans le consentement de Caracas.