(Brasilia) Le Brésil est repassé au-dessus des 1000 morts quotidiennes du coronavirus pour la première fois depuis le 30 septembre, selon le dernier bilan publié jeudi par le ministère de la Santé, qui fait état de 1092 nouveaux décès.

Agence France-Presse

Le plus grand pays d’Amérique latine, qui subit de plein fouet la seconde vague de la pandémie, déplore au total 184 827 décès causés par la COVID-19, avec 7 110 434 cas confirmés.

Le nombre de nouvelles contaminations reste également extrêmement élevé (+69 826), proche du record historique de mercredi (70 574).

Le pays de 212 millions d’habitants connaît depuis novembre une forte recrudescence des cas et des décès et de nombreux spécialistes craignent que la situation s’aggrave avec les fêtes de fin d’année.

Les courbes de la pandémie avaient baissé nettement après un interminable plateau à plus de 1000 morts par jour en moyenne de juin à août, avant de remonter de nouveau le mois dernier.

La situation est d’autant plus préoccupante que la vaccination s’annonce chaotique, avec un plan national d’immunisation tardif critiqué de toutes parts.   

Le président Bolsonaro ne veut pas du vaccin

Le ministère de la Santé vise l’immunisation d’au moins 70 % de la population, soit près de 150 millions de personnes, sous 16 mois.

Mais le président d’extrême droite Jair Bolsonaro, qui n’a cessé de minimiser la pandémie, a semé le trouble pour la population en assurant qu’il ne se ferait pas vacciner.

Il a également discrédité à plusieurs reprises le CoronaVac du laboratoire chinois Sinovac, produit localement par l’Institut Butantan sous tutelle du gouverneur de l’État de Sao Paulo, Joao Doria, pressenti comme de ses principaux adversaires pour la présidentielle de 2022.

Cette hausse de la mortalité survient alors qu’une partie de la population du Brésil demeure réfractaire aux restrictions sanitaires.

Un juge fait fermer un village balnéaire

Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté jeudi contre une décision judiciaire ordonnant le confinement de Buzios, cité balnéaire très touristique près de Rio de Janeiro, au Brésil, en raison d’une hausse des cas de COVID-19.

Cette décision bloque tout nouvel accès de visiteurs et oblige les touristes à quitter cette ville — surnommée « le Saint-Tropez brésilien » — d’ici trois jours.

Le nouveau ministre du Tourisme du Brésil, Gilson Machado, a critiqué la décision judiciaire jeudi, lors de la cérémonie de sa prise de fonctions à Brasilia. « Notre secteur ne supportera pas un nouveau confinement », a-t-il affirmé.

PHOTO UESLEI MARCELINO, REUTERS

Alors que le Brésil a enregistré 1091 décès jeudi, le nouveau ministre du Tourisme Gilson Machado a critiqué jeudi une décision judiciaire obligeant la fermeture d’un village balnéaire. « Notre secteur ne supportera pas un nouveau confinement », a-t-il affirmé lors de la cérémonie de sa prise de fonctions à Brasilia.

La cité balnéaire située sur une péninsule aux plages paradisiaques est devenue une destination à la mode après avoir été visitée par l’actrice Brigitte Bardot dans les années 60, quand ce n’était qu’un simple village de pêcheurs. La ville de 30 000 habitants compte aujourd’hui de nombreux hôtels de luxe et un pôle gastronomique essentiels pour l’économie locale.

Mais, en ces temps de COVID-19, « la mairie n’a pas augmenté le nombre de lits d’hôpital » comme prévu, malgré « le haut risque de saturation du système de santé », peut-on lire dans l’arrêt du juge Raphael Campos.

Sa décision, qui interdit l’entrée de touristes à Buzios et impose la fermeture de tout commerce non essentiel, est à effet immédiat, jusqu’à fin décembre.

La mairie a annoncé dans un communiqué qu’elle allait faire appel, mais que les mesures de confinement seraient appliquées en attendant.

Des dizaines de personnes vivant du tourisme ont manifesté jeudi devant le tribunal, brandissant des banderoles avec pour message « non au confinement » ou « Buzios ne ferme pas ».

Le Brésil subit depuis le mois dernier une deuxième vague de contaminations, avec un record de nouveaux cas mercredi (+70 500), pour un total de plus de 7 millions.

Avec 183 735 décès, le plus grand pays d’Amérique latine, peuplé de 212 millions d’habitants, est aussi celui qui déplore le deuxième bilan le plus lourd au monde, après les États-Unis.