(Mexico) Le gouvernement mexicain va donner un coup d’arrêt à la « politique de privatisations » dans le secteur électrique et renforcer l’opérateur public CFE, a affirmé dimanche le président de gauche Andrés Manuel Lopez Obrador.

Agence France-Presse

« La politique de privatisations dans l’industrie électrique va cesser d’être appliquée […] Dorénavant nous allons renforcer la Commission fédérale de l’électricité », a déclaré le président pendant une visite dans une centrale thermique dans l’État de Colima (ouest).

La veille, le Financial Times avait affirmé que la CFE s’apprêtait à augmenter les tarifs du transport de l’électricité pour décourager des projets privés d’investissement dans les énergies renouvelables.

« J’ai lu les critiques des conservateurs, qui disent que la Commission fédérale de l’électricité va redevenir un monopole. Non, elle va redevenir un acteur social », a ajouté M. Lopez Obrador.

Nationalisée en 1960, la CFE, deuxième plus grosse entreprise du Mexique derrière la compagnie pétrolière Pemex, a longtemps détenu le monopole de la production et distribution d’électricité. Le secteur a été ouvert à la concurrence sous le précédent président, Enrique Peña Nieto (2012-2018).

Actuellement, selon M. Lopez Obrador, le privé produit 44 % de l’électricité du pays contre 56 % pour la CFE. Il affirme que le projet de son prédécesseur consistait à réduire encore la part de marché de la CFE, jusqu’à 20 %, et de laisser le reste au secteur privé.

« Nous avons d’ores et déjà arrêté ça », a affirmé le président. Il estime que les privatisations n’ont pas tenu leurs promesses de baisses des prix pour les consommateurs.

La CFE « va continuer à être une entreprise publique majoritaire dans la distribution d’énergie électrique dans notre pays », a ajouté le chef d’État.