(Rio de Janeiro) L’ex-président brésilien Lula a subi mercredi son premier revers judiciaire depuis sa sortie de prison il y a trois semaines, une cour d’appel ayant fortement alourdi sa peine pour l’une des affaires de corruption le concernant.

Agence France-Presse

Malgré cette condamnation en appel, Luiz Inacio Lula da Silva va rester en liberté en raison d’un arrêt de la Cour suprême lui permettant d’attendre l’épuisement de tous les recours vers des instances supérieures.

Trois magistrats du TRF4, la cour d'appel de Porto Alegre, ont décidé à l’unanimité mercredi d’élever à 17 ans et un mois de réclusion la peine initialement fixée à 12 ans et 11 mois lors de la condamnation en première instance, en février.

Dans cette affaire, l’ex-président (2003-2010) est accusé d’avoir bénéficié de travaux de rénovation financés par deux groupes de bâtiment, OAS et Odebrecht, dans une propriété rurale à Atibaia, dans l’État de Sao Paulo, en échange de faveurs dans l’attribution de marchés publics.

Lula a toujours clamé son innocence, affirmant notamment que cette propriété ne lui appartenait pas, étant au nom d’un de ses proches, Fernando Bittar.

Mais le parquet dit avoir obtenu des preuves que l’ancien président en est le principal usager et que les travaux ont été faits pour lui.

AFP

Lula joue de la trompette lors d'un congrès du Parti des travailleurs vendredi dernier à Sao Paulo.

Lula a également été condamné à 8 ans et 10 mois de prison dans une autre affaire, pour laquelle il est accusé d’avoir accepté un triplex en bord de mer en guise de pots-de-vin de la part de l’entreprise OAS, également impliquée dans la rénovation des travaux à Atibaia.

Il a commencé à purger cette peine en avril 2018, peu après sa condamnation en appel, mais a fini par être libéré le 8 novembre dernier, à la faveur de l’arrêt de la Cour suprême qui lui permet également de rester en liberté après la décision du TRF4 mercredi.

Cet arrêt à mis fin à une jurisprudence permettant l’emprisonnement dès une première condamnation en appel, même si tous les recours ne sont pas épuisés.

Il concerne non seulement Lula, mais plusieurs milliers d’autres condamnés, ce qui a représenté un rude coup pour l’opération Lavage Express, la plus grande enquête anticorruption de l’histoire du pays qui a mis sous les verrous des dirigeants de tous bords.

Au-delà des affaires du triplex et d’Ataibaia, Lula est également mis en cause dans plusieurs autres affaires de corruption.