(Guatemala) Les autorités mexicaines ont expulsé plus de 100 000 ressortissants d’Amérique centrale au Guatemala durant les huit premiers mois de l’année, soit une hausse de 63% par rapport à la même période l’an dernier, a annoncé mercredi le gouvernement guatémaltèque.  

Agence France-Presse

Cette augmentation intervient alors que Washington a soumis son voisin mexicain à une forte pression pour freiner l’immigration clandestine, après les tentatives de plusieurs dizaines de milliers de Centraméricains, en majorité des Honduriens, des Guatémaltèques et des Salvadoriens, de gagner en «caravanes» les États-Unis.  

Le Mexique a notamment renvoyé par voie terrestre au Guatemala 54 037 Honduriens, 34 430 Guatémaltèques, 12 317 Salvadoriens et 1530 Nicaraguayens, a détaillé à la presse Alejandra Mena, porte-parole de l’Institut guatémaltèque des Migrations. 

Les autorités mexicaines ont renforcé les contrôles à la frontière avec le Guatemala, après que le président Trump eut menacé d’imposer des tarifs douaniers punitifs sur tous les produits en provenance du Mexique.

Parallèlement, les expulsions de Guatémaltèques depuis les États-Unis ont augmenté de 8% au cours des huit premiers mois de l’année, par rapport à l’année dernière. 

Environ 1,5 million de Guatémaltèques résident aux États-Unis, dont 300 000 à 400 000 légalement, selon une estimation officielle. Les «remesas», ou transferts d’argent des émigrés à leurs proches restés au pays, ont représenté près de 9,3 milliards de dollars en 2018.

La migration irrégulière a été un sujet d’intense débat en Amérique centrale au cours des derniers mois, alimenté par les départs de plusieurs caravanes de clandestins vers les États-Unis.  

Le Guatemala et les États-Unis ont conclu fin juillet un accord sur le droit d’asile, faisant du pays centraméricain un «tiers pays sûr» auprès duquel les demandeurs d’asile doivent effectuer leurs premières démarches.

L’accord n’est toujours pas entré en vigueur en raison d’une série de recours judiciaires déposés par plusieurs organisations qui considèrent que le Guatemala n’a pas les conditions sociales pour accueillir les migrants à grande échelle. Le texte doit également être ratifié par le Congrès.