Le vice-président américain Mike Pence a appelé mardi le président du Nicaragua Daniel Ortega à faire immédiatement cesser les violences qui ont causé la mort de plus de 280 personnes en trois mois et à organiser des élections anticipées.

Publié le 24 juill. 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Il est indéniable que l'État encourage la violence au Nicaragua. La propagande d'Ortega ne trompe personne et ne change rien», a tweeté M. Pence, avançant un bilan de «plus de 350 morts aux mains du régime».

«Les États-Unis appellent le gouvernement Ortega à arrêter la violence MAINTENANT et à organiser des élections anticipées - le monde regarde!».

Lundi, cinq personnes, dont une étudiante en médecine brésilienne, ont été tuées lors de nouveaux incidents violents impliquant les forces de l'ordre.

L'étudiante, âgée de 32 ans, a été abattue alors qu'elle rentrait dans son domicile situé dans le sud-ouest de Managua, a déclaré mardi Ernesto Medina, recteur de l'Université américaine (UAM).

La police a nié être responsable de ce décès qu'elle attribue à un agent de sécurité privé.

Quatre personnes ont également été tuées à Jinotega, à 162 km au nord de Managua, lors d'une opération policière et paramilitaire, a rapporté le Centre nicaraguayen pour les droits de l'homme (CENIDH).

Les forces pro-gouvernementales, qui poursuivaient mardi leurs opérations à Janotega, y ont fait «beaucoup de blessés», a affirmé Juan Carlos Arce, militant du CENIDH.

La contestation, lancée le 18 avril contre une réforme des retraites abandonnée depuis, s'est rapidement généralisée pour dénoncer la confiscation du pouvoir par l'ancien guérillero de 72 ans.

Daniel Ortega est accusé d'avoir mis en place avec son épouse Rosario Murillo, qui occupe les fonctions de vice-présidente, une dictature marquée par la corruption et le népotisme.

Il a écarté lundi toute idée de démission, dans une interview à la chaîne américaine Fox News, assurant qu'il comptait aller jusqu'au bout de son mandat, en 2021, alors que la rue continue d'exiger sa démission après trois mois de violences.

«Avancer les élections créerait de l'instabilité, de l'insécurité et ne ferait qu'empirer les choses», a déclaré le dirigeant nicaraguayen.