Une Uruguayenne qui était à huit semaines de grossesse ne pourra pas se faire avorter car son partenaire souhaite garder l'enfant, selon un jugement sans précédent rendu public jeudi.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Un magistrat de la ville de Mercedes (sud-ouest de l'Uruguay) a jugé que la mère devra suspendre son processus d'avortement après que l'homme avec lequel elle a conçu l'enfant a déposé un recours afin de protéger «la vie de l'enfant».

La justice, qui a tenu compte du fait que le couple ne semblait plus vivre ensemble, a accédé à la demande du père. Ce dernier s'est engagé à assumer les besoins de l'enfant et a affirmé avoir les moyens financiers pour le faire.

La mère entend faire appel de ce jugement vendredi.

L'avocat du plaignant, Federico Arregui, a expliqué que son client a demandé sans succès à son ex-compagne de ne pas avorter.

La loi sur l'interruption volontaire de grossesse est en vigueur en Uruguay depuis 2012. Elle permet aux femmes d'avorter légalement, à la condition qu'elles aient répondu à un questionnaire à l'hôpital.

Selon le jugement rendu, elle n'aurait pas répondu correctement à ce questionnaire.