Plusieurs pays d'Amérique latine se sont prononcés mercredi contre une intervention militaire en Syrie, au moment où les États-Unis et certains de leurs alliés européens envisagent de mener des frappes contre le pouvoir syrien.

ASSOCIATED PRESS

«Une agression contre la Syrie aurait des conséquences extrêmement graves pour le Moyen-Orient, une région qui est déjà en proie à des troubles», a déclaré dans un communiqué le ministère cubain des Affaires étrangères.

«Elle constituerait une violation flagrante des principes de la Charte des Nations unies et du droit international et accroîtrait les dangers pour la paix et la sécurité internationales», a estimé le ministère cubain.

Washington, Londres et Paris accusent les forces du président syrien Bachar al-Assad d'avoir effectué le 21 août près de Damas des attaques chimiques qui, selon l'opposition, auraient fait des centaines de morts. Ils menacent de mener en représailles des frappes militaires contre des objectifs en territoire syrien. Damas, soutenu par la Russie, nie avoir utilisé des armes chimiques.

Le président de l'Équateur, Rafael Correa, a exprimé «le rejet de toute ingérence, à plus forte raison militaire, dans le problème syrien».

Son homologue bolivien, Evo Morales, a lui aussi condamné les menaces de frappes. «Nous rejetons, nous condamnons» toute intervention militaire étrangère en Syrie, a-t-il déclaré au palais présidentiel à La Paz.

M. Morales a mentionné des informations de presse selon lesquelles des armes chimiques auraient été utilisées près de Damas non par le pouvoir, mais par la rébellion, afin de susciter une intervention internationale.

«Nous n'acceptons pas l'utilisation d'agents chimiques qui, selon ces informations, sont utilisés par des groupes qui déstabilisent la démocratie et le gouvernement» syrien, a déclaré le président bolivien.

De même, le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a condamné les menaces occidentales de frappes contre la Syrie, au cours d'une visite à Tachira, dans l'ouest du pays.

Et il a affirmé que les autorités vénézuéliennes avaient déjoué un complot qui visait, selon lui, à l'assassiner au moment où auraient lieu d'éventuelles frappes occidentales contre la Syrie.

M. Maduro a rappelé l'arrestation au Venezuela, annoncée lundi par les autorités, de deux Colombiens qui seraient impliqués dans ce projet d'assassinat. «Le plan était de m'éliminer au moment de l'attaque contre la Syrie», a-t-il affirmé.

Le Brésil ne soutiendra pas une intervention militaire en Syrie sans l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU, a déclaré mercredi le nouveau ministre des Affaires étrangères Luiz Alberto Figueiredo. Selon lui, il s'agirait d'une violation du droit international et de la charte de l'ONU.