Le président vénézuélien Hugo Chavez a averti dimanche les banques privées qu'il envisagerait de nationaliser toutes celles qui refuseraient de financer les projets agricoles mis de l'avant par son gouvernement.

Publié le 29 janv. 2012
Christopher Toothaker ASSOCIATED PRESS

Les banques sont obligées par la loi, au Venezuela, d'offrir au moins 10 pour cent de l'ensemble des prêts à des programmes de développement gouvernementaux.

Les banques privées qui ne respectent par la Constitution et leur devoir pourrraient être nationalisées, a déclaré M. Chavez lors de son allocution hebdomadaire à la radio et à la télévision tout en ajoutant qu'il devait s'assurer que la Constitution et les lois soient respectées.

Le président Chavez a affirmé que certaines des plus grandes banques du pays soit les banques Banesco, Banco Mercantil et Banco Provincial qui sont contrôlées par la grande banque espagnole Banco Bilbao Vizcaya Argentaria ne respectaient pas toujours les règles.

M. Chavez a également spécialement identifié le président de Banesco, Juan Carlos Escotet, lui ordonnant de prêter davantage aux fermiers vénézuéliens sans grandes ressources.

Un projet de loi approuvé l'an dernier par les alliés de M. Chavez à l'Assemblée nationale décrit les banques comme un «service public» et donne au gouvernement l'autorité de déclarer les banques comme étant «d'usage public», ce qui pave la voie à la nationalisation étatique.

«Si vous ne pouvez pas le faire, donnez-moi votre banque», a dit Chavez, suscitant des applaudissements de la part d'une foule de responsables gouvernementaux et de partisans.

Le gouvernement a déjà pris le contrôle d'environ une dizaine de banques lors des dernières années, les accusant de causer des problèmes financiers et de violer les règles bancaires.

Le gouvernement Chavez contrôle environ 28 pour cent du secteur bancaire national.

Le président a animé l'émission dominicale en direct de la ville de Barinas, dans le coeur de «Los Llanos», les vastes plaines du centre du pays. Cette région baignée par le soleil produit la majeure partie de la viande, des fruits et des légumes du pays, mais plusieurs fermiers et éleveurs se plaignent des expropriations gouvernementales et affirment que les prix imposés par l'État sur plusieurs aliments de base grugent leurs profits.

Le gouvernement dit avoir mis sur pied une politique de redistribution des grands domaines et d'autres terres qui ne sont pas adéquatement utilisées. Des détracteurs affirment toutefois que les saisies ont nui aux fermes productives, réduisant du même coup la production agricole et forçant le pays exportateur de pétrole à augmenter les importations de nourriture.

Le chef de l'opposition Pablo Perez, un gouverneur d'État qui espère défier M. Chavez lors de l'élection présidentielle, le 7 octobre, a vertement critiqué les initiatives agricoles gouvernementales dimanche, soulignant que le Venezuela riche en pétrole importait davantage de nourriture qu'il n'en produisait.