Carlos Soria, un politicien argentin qui, pendant 21 jours, a réalisé son rêve de gouverner la province occidentale de Rio Negro, est mort, dimanche, abattu de coups de feu à la tête.

Mis à jour le 2 janv. 2012
ASSOCIATED PRESS

Sa femme, Susana Freydoz, faisait l'objet d'un interrogatoire, dimanche, alors que la police cherchait à déterminer si les coups de feu ont été tirés accidentellement ou volontairement. Les héritiers du couple incluent Martin, qui a remplacé M. Soria à titre de maire de General Roca, et trois autres enfants, German, Carlos et Emilia.

Âgé de 62 ans, M. Soria était entré en fonction le 10 décembre après avoir signé un écrasant triomphe à titre de membre du «Front pour la victoire», un parti de gauche qui détient le pouvoir et qui soutient la présidente Cristina Fernandez.

Un pilier du parti qui a d'abord oeuvré au sein des branches plus conservatrices du Péronisme et à titre de ministre du Renseignement de l'Argentine pendant le règne du président Eduardo Duhalde, M. Soria s'est disputé avec Nestor Kirchner et son épouse Cristina durant la tumultueuse crise économique de 2002.

M. Soria et Mme Fernandez ont éventuellement passé l'éponge sur leurs différends peu avant sa victoire face à un rival du Parti radical.

Pendant les huit dernières années, il avait été maire de la ville provinciale de General Roca.

Le père de Carlos Soria a été un fidèle partisan du général Juan Domingo Peron. Incarcéré deux fois pour son soutien à l'endroit de l'ancien homme fort, il a éventuellement quitté la politique et ouvert une petite épicerie à General Roca. Carlos Soria a obtenu un diplôme en droit, en 1973, avant de suivre les traces de son père.

En 1994, Carlos Soria a présidé une commission du Congrès chargée d'enquêter sur le bombardement d'un centre juif à Buenos Aires. Plus tard, à titre ministre de la Sécurité régionale de Buenos Aires, il a supervisé les recherches des corps des victimes de la dictature entre 1976 et 1983.

Pendant son règne à titre de ministre du Renseignement, il a été accusé d'avoir livré un faux témoignage lors de l'enquête sur les décès, filmés sur vidéo, de deux manifestants pendant la crise de 2002.

M. Soria n'avait pas été tenu responsable d'avoir remplacé des balles de caoutchouc par de vrais projectiles, mais il avait dit avoir voulu servir une leçon aux manifestants, «afin de donner un exemple visant à restaurer l'autorité de l'État».