Plusieurs milliers de manifestants bloquaient vendredi pour le troisième jour consécutif la Panaméricaine, principal axe routier nord-sud du Pérou, pour protester contre un projet minier de cuivre, un barrage qualifié de «terrorisme routier» par le chef de l'État.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le troisième jour de barrage dans le secteur d'Islay, à 1050 km au sud de Lima, ainsi que des heurts jeudi faisant deux blessés légers, ont soulevé des craintes de tension à l'approche du week-end: un barrage similaire sur la Panaméricaine, cette fois par des mineurs, avait fait cinq morts début avril à Chala (600 km au sud de Lima) lors d'une intervention de la police.

«Nous ne pouvons tolérer que le Pérou soit pris en otage par une infime minorité qui a recourt au terrorisme routier, quand l'immense majorité veut le progrès», a lancé le président Alan Garcia (centre-droit) en durcissant le ton. Il a dénoncé une manipulation politique de ce type de «conflit social momentané».

Les manifestants, en majorité des agriculteurs de villages de la région d'Islay, s'opposent à un projet de mine de cuivre Tia Maria, d'une capacité de 120 000 tonnes annuelles, par le groupe Southern Copper Corporation (SPCC) à capitaux mexicains.

Le Pérou est devenu en 2009 le 2e producteur de cuivre au monde.

Les manifestants dénoncent les risques environnementaux du projet, en particulier pour les ressources en eau et l'écosystème de la région. Le ministère péruvien des Mines soutient que les études d'impact environnemental ont démenti ces prédictions.

Le premier ministre Javier Velasquez a exclu vendredi un quelconque dialogue avant une levée du barrage routier.