«En Guadeloupe, personne ne sait comment le conflit va se terminer. Alors aujourd'hui, la tension a monté d'un cran.»

Mis à jour le 17 févr. 2009
Catherine Handfield LA PRESSE

Gisèle Arsenault suit de très près la grève générale qui paralyse la Guadeloupe depuis près d'un mois.

La Franco-Canadienne, qui est mariée à un Québécois, vit dans l'archipel depuis maintenant 24 ans.

Elle habite à Deshaies, village de 4000 habitants situé au nord-ouest de la Guadeloupe. Sa maison est située tout près de la résidence secondaire du chanteur Robert Charlebois, qui est en Guadeloupe jusqu'à la fin de février.

 

«Aujourd'hui, des manifestants ont bloqué des routes nationales près de notre village, a raconté Mme Arsenault, jointe par La Presse hier après-midi. C'était un peu gênant, mais il faut faire avec.»

Gisèle Arsenault comprend et approuve les revendications des grévistes, qui protestent contre le coût de la vie et les clivages sociaux et raciaux. Elle doit tout de même vivre chaque jour avec ses inconvénients.

Infirmière à domicile, elle doit parfois attendre plus de deux heures à la station-service pour faire le plein d'essence. «Dans l'île, seulement 40 stations-service sur 180 sont ouvertes», dit-elle. Dans les villes, les supermarchés et les commerces sont fermés la plupart du temps.

Michelle Doré, un Québécoise qui est revenue vendredi d'un séjour de trois semaines en Guadeloupe, qualifie le climat de «catastrophique». Deux jours avant son départ, tous les vacanciers de sa rue se sont fait crever leur réservoir d'essence et on leur en a volé le contenu.

«Pendant la dernière semaine, les éboueurs ne venaient plus chercher les ordures», précise Mme Doré, qui souligne que son vol de retour était presque vide tant les touristes boudent les plages de Guadeloupe.

Des complexes touristiques ont fermé leurs portes jusqu'à nouvel ordre en raison du manque d'approvisionnement et la difficulté à circuler. C'est le cas de l'hôtel Pierre et Vacances, situé dans la ville de Sainte-Anne. «Toute l'île est paralysée, note le directeur général, Yves Jacquet. On attend avec impatience que la grève se termine. Il faut que ça bouge.»