(Harare) Le dérapage du porte-parole du gouvernement zimbabwéen, qui a qualifié les médecins « d’assassins politiques » après la mort récente de la COVID-19 de ministres et responsables du parti au pouvoir, a provoqué un tollé dans ce pays en crise.

Agence France-Presse

Les médecins zimbabwéens sont des « assassins politiques qui se cachent derrière des compétences médicales », a twitté dimanche Nick Mangwana.

Quatre ministres du parti Zanu PF sont récemment morts du coronavirus, dans ce pays au système de santé sinistré qui compte officiellement près de 32 000 cas, dont plus de mille morts.

Les médecins hospitaliers ont jugé ces propos « regrettables ». « La persécution continue des praticiens est susceptible de déstabiliser le secteur de la santé », a renchéri l’Association des médecins pour les droits de l’homme (ZADHR).

Après l’indignation provoquée par ses propos, le porte-parole du gouvernement a effacé les messages incriminés et présenté lundi des excuses publiques, expliquant avoir exprimé un « point de vue personnel ».

« Je n’avais l’intention d’offenser ou d’insulter aucun médecin », a-t-il twitté.

« Nous acceptons ses excuses, mais ce n’est pas suffisant », a déclaré à l’AFP un représentant de ZADHR, Norman Marara. « Le gouvernement devrait être en train d’applaudir nos efforts et le rôle des professionnels de santé en première ligne dans la lutte contre la COVID-19 », a ajouté le médecin.

Pour Itai Rusike, du Groupe de travail communautaire sur la santé (CWGH), de tels propos du gouvernement risquent de perturber « des services de santé déjà en panne ».

En grave manque de moyens et avec des salaires au plus bas, le secteur de la santé au Zimbabwe est submergé par la seconde vague de coronavirus.

A son arrivée au pouvoir en 2017, le président Emmerson Mnangagwa avait promis des réformes, mais le pays est toujours englué dans une crise économique catastrophique.