(Harare) Le président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa a appelé jeudi à la fin des sanctions prolongées l’an dernier par Donald Trump, au motif d’inquiétudes sur la démocratie dans le pays, au lendemain des violences au Capitole commises par ses partisans.

Agence France-Presse

« L’an dernier, le président Trump a étendu de douloureuses sanctions économiques contre le Zimbabwe, en citant des préoccupations concernant la démocratie au Zimbabwe », a tweeté M. Mnangagwa, au pouvoir depuis 2017 après l’éviction de Robert Mugabe.

Les événements d’hier ont montré que les États-Unis n’ont aucun droit moral de punir une autre nation sous couvert de faire respecter la démocratie. Ces sanctions doivent s’achever.

Le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa

PHOTO TONY KARUMBA, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Le président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, affirme que les États-Unis n’ont plus le droit de donner des leçons de démocratie et que les sanctions imposées à son pays par l’administration Trump doivent être levées.

En mars l’an dernier, les États-Unis ont prolongé d’un an leurs sanctions contre le Zimbabwe à cause notamment des « meurtres extrajudiciaires et viols » commis par ses forces de sécurité.

Depuis la chute en 2017 du président Robert Mugabe, le Zimbabwe « a eu de nombreuses occasions d’adopter des mesures pour engager le pays sur une voie constructive » et « une plus grande coopération avec les États-Unis », avait expliqué le président américain Donald Trump dans un message adressé au Congrès.

Mais le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa a « probablement accéléré l’oppression des voix critiques et la mauvaise gestion économique », avait estimé M. Trump.

Ces actions qui « sapent le processus démocratique au Zimbabwe […] continuent de poser une menace extraordinaire sur la politique étrangère des États-Unis », avait également justifié M. Trump.

Deux décennies de sanctions

Les États-Unis maintiennent depuis près de vingt ans des sanctions contre quelque 100 personnes et entités juridiques zimbabwéennes, dont l’actuel président Mnangagwa, en réponse à la répression sanglante infligée aux opposants.

Les relations entre Harare et Washington restent depuis extrêmement tendues. En octobre 2019, le Zimbabwe avait accusé l’ambassadeur des États-Unis à Harare, Brian Nichols, de se comporter en « membre de l’opposition ».

Le Zimbabwe, pays d’Afrique australe, est englué depuis le début des années 2000 dans une grave crise économique et financière, héritage des années du règne de fer de l’ex-président Robert Mugabe (1980-2017).  

Le taux de chômage dépasse les 90 %, l’inflation est galopante et les produits de base manquent.