(Nairobi) Un autre nouveau variant du coronavirus semble avoir émergé au Nigeria, mais une enquête plus approfondie est nécessaire pour le confirmer.

Cara Anna Associated Press

Cette découverte accroît l’inquiétude entourant la pandémie après l’annonce de nouveaux variants similaires au Royaume-Uni et en Afrique du Sud, qui ont mené à l’imposition rapide de nouvelles restrictions sur les déplacements internationaux au cours des derniers jours.

« C’est une lignée distincte de celles Royaume-Uni et de l’Afrique du Sud », a déclaré jeudi John Nkengasong, qui dirige les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies, une agence de santé publique de l’Union africaine.

Il a précisé que des experts au Nigeria et au Centre africain d’excellence en génomique et en maladies infectieuses analyseraient d’autres échantillons pour avoir une idée plus claire de ce potentiel nouveau variant.

« Donnez-nous du temps. […] Il est encore très tôt », a-t-il dit.

L’identification de cet apparent nouveau variant s’appuie sur deux ou trois séquences génétiques, a précisé le docteur Nkengasong, mais avec la nouvelle variante découverte en Afrique du Sud la semaine dernière, cela a suffi pour déclencher une réunion d’urgence des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies cette semaine.

Le variant du Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique, a été trouvé dans deux échantillons de patients collectés le 3 août et le 9 octobre dans l’État d’Osun, dans le sud-ouest du pays, selon un document de travail consulté par l’Associated Press.

Contrairement au variant analysé au Royaume-Uni, « nous n’avons pas observé une montée aussi rapide de la lignée au Nigeria et nous n’avons aucune preuve indiquant que la variante P681H contribue à une transmission accrue du virus au Nigeria. Cependant, la différence relative d’échelle de la surveillance génomique au Nigeria par rapport au Royaume-Uni peut impliquer une capacité réduite de détecter de tels changements », indique le document.

Le nouveau variant du virus en Afrique du Sud, où le nombre d’infections confirmées approche le million, est maintenant prédominant dans ce pays, selon le docteur Nkengasong. Ce variant se transmet rapidement et sa charge virale est plus élevée, mais les experts ne savent pas encore si elle provoque des symptômes plus graves, a-t-il expliqué.

« Nous pensons que cette mutation n’aura pas d’effet » sur le déploiement des vaccins contre la COVID-19 sur le continent, a-t-il cependant affirmé.

Le ministre sud-africain de la Santé a annoncé un « taux de propagation alarmant » dans le pays, avec plus de 14 000 nouveaux cas confirmés et plus de 400 décès signalés mercredi. Il s’agissait de la plus forte augmentation du nombre de cas en une seule journée dans ce pays.

« Il n’y a aucun signe pour le moment que nous ayons atteint un sommet. Il y a encore une croissance exponentielle », a affirmé le spécialiste des maladies infectieuses Richard Lessells à l’Associated Press. Il a estimé que l’Afrique du Sud devait redoubler d’efforts pour lutter contre le virus « car déjà, de nombreux hôpitaux dans de nombreuses régions du pays sont extrêmement sollicités ».

Mais dans un grand nombre de pays d’Afrique, les mesures sévères imposées au début de la pandémie, qui ont causé de graves difficultés économiques à des millions de personnes travaillant dans le secteur informel, ne sont plus appliquées.

Le continent africain compte désormais plus de 2,5 millions de cas confirmés, soit 3,3 % des cas mondiaux. Les infections à travers le continent ont augmenté de 10,9 % au cours des quatre dernières semaines, selon le docteur Nkengasong, y compris une augmentation de 52 % au Nigeria et de 40 % en Afrique du Sud.