(Genève) Plus de 24 000 personnes ont été déplacées depuis un mois dans la région du Kasaï, au centre de la République démocratique du Congo par le regain de tensions et de violences, s’est inquiété vendredi le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

Agence France-Presse

« Souvenez-vous qu’en 2017, le Kasaï était également l’un des points chauds en termes de déplacements à l’intérieur de la RDC », a déclaré un porte-parole du HCR, Babar Baloch, lors d’un point de presse à Genève.

Des violences avaient éclaté en 2016-2017 dans cette région entre les partisans de Kamuina Nsapu, du nom d’un chef coutumier tué dans une opération militaire, et les forces de sécurité, faisant plus de 3000 morts.  

Selon l’ONU, la crise avait conduit au déplacement interne d’environ 1,4 million de personnes et d’environ 35 000 réfugiés en Angola. 1,2 million d’entre elles sont toujours déplacées dans le Kasaï.

« Jusqu’à récemment, la région avait connu une période de calme relatif. Mais depuis le mois dernier, plus de 24 000 personnes ont fui trois conflits distincts liés à des différends fonciers, à des affrontements pour les ressources et à des confrontations entre les différents groupes ethniques, les autorités et les milices », a expliqué le porte-parole du HCR.

« Donc le risque maintenant […] c’est de voir une nouvelle vague de déplacements massifs dans cette région de la RDC », a-t-il insisté.

La majorité des personnes récemment déplacées ont fui vers les zones frontalières provinciales de la région de Demba, au Kasaï central, et de la région de Mweka, au Kasaï.

Elles ont fait état « de meurtres, de viols, de tortures, de pillages et de maisons incendiées au cours des dernières semaines. Des dizaines de personnes sont arrivées avec des blessures. Il y a beaucoup d’enfants, de femmes et des personnes âgées parmi les déplacés », a souligné Babar Baloch.

Le HCR a distribué du matériel à plus de 4000 personnes. Des milliers ont également reçu des kits d’hébergement et un soutien en espèces pour acheter de la nourriture et répondre à leurs besoins les plus urgents.

L’organisation est également préoccupée par la précarité dans laquelle vivent quelque 16 000 Congolais, renvoyés d’Angola en 2019, qui vivent dans des zones presque impossibles d’accès. Le HCR évalue l’état des routes afin de pouvoir acheminer de l’aide si la situation continue de se détériorer.