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Où sont les adolescentes enlevées par Boko Haram?

Une femme membre du #BringBackOurGirls Abuja a pris... (PHOTO AFOLABI SOTUNDE, REUTERS)

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Une femme membre du #BringBackOurGirls Abuja a pris la parole, hier, dans la capitale nigériane, alors que le sit-in pour que l'on ramène les otages se poursuivait près de la Unity Fountain, à Abuja.

PHOTO AFOLABI SOTUNDE, REUTERS

Deux mois après le spectaculaire enlèvement de plus de 200 adolescentes au Nigeria, les captives manquent toujours à l'appel. Et le groupe terroriste soupçonné de leur séquestration, Boko Haram, continue à frapper, comme en témoigne une nouvelle attaque survenue mardi soir ayant fait au moins 13 morts parmi des téléspectateurs réunis pour regarder la Coupe du monde de soccer. Le rôle joué par le Canada pour traquer les terroristes, pendant ce temps, n'est pas entièrement clair. Résumé des derniers développements en quatre questions.

Q: Où se trouvent aujourd'hui les adolescentes enlevées?

R: Bien malin qui peut le dire avec certitude. L'armée du Nigeria a affirmé la semaine dernière avoir découvert leur emplacement. Même si la crédibilité des militaires a été minée par plusieurs mensonges depuis le rapt, survenu le 15 avril, le fait que des pays comme les États-Unis, l'Angleterre et la France aient mis leurs services de renseignement et certains équipements de surveillance au service du Nigeria rend maintenant ces informations plus plausibles.

«À mon avis, ils ont probablement intercepté des communications et savent où se trouvent les filles», avance Robert Rotberg, associé au Centre for International Governance Innovation (CIGI).

Même si le lieu de détention des adolescentes est effectivement connu, le plus difficile reste à faire.

«Je crois que l'armée hésite à intervenir de peur de provoquer un bain de sang», explique M. Rotberg.

Boko Haram, soupçonné d'avoir orchestré l'enlèvement, est un groupe islamiste qui veut instaurer un État basé sur la charia dans le nord du Nigeria.

Q: Quel rôle le Canada joue- t-il dans les recherches?

R: Ce n'est pas clair. Le Globe and Mail rapportait récemment que le président du Nigeria, Goodluck Jonathan, a remercié les États-Unis, la France, l'Angleterre et Israël pour leur aide dans la recherche des adolescentes... mais pas le Canada, qui dit pourtant participer à l'effort.

Même si d'autres pays ont dévoilé de telles informations, le ministère des Affaires étrangères refuse de préciser combien de Canadiens se trouvent au Nigeria ou quels équipements y ont été envoyés.

«Les Canadiens sur le terrain au Nigeria travaillent avec nos alliés britanniques, américains et français afin d'appuyer les efforts du gouvernement nigérian pour localiser les jeunes filles et assurer leur libération», s'est contenté d'affirmer le gouvernement.

Q: Pourquoi les recherches sont-elles si longues?

R: Selon Robert Rotberg, du CIGI, le problème s'explique en partie par la corruption de l'armée nigériane. Certains experts estiment même que cette dernière est carrément infiltrée par des membres de Boko Haram.

«Originalement, je crois que le gouvernement du président Goodluck Jonathan jugeait qu'il était bon pour lui d'avoir des troubles dans le Nord, ce qui explique le manque d'action, ajoute M. Rotberg. Je crois que ça a changé, cependant, et que le kidnapping des adolescentes rend ses chances de réélection de plus en plus faibles.»

La semaine dernière, le gouvernement du Nigeria a dit étudier la façon dont le Sri Lanka a combattu le terrorisme des Tigres tamouls afin de freiner la progression de Boko Haram.

Q: Le rapt du 15 avril dernier est-il unique?

R: Non. Même s'il a choqué le Nigeria et la planète entière, l'enlèvement de plus de 200 adolescentes n'est ni le premier ni même le dernier attribué à Boko Haram. La semaine dernière, le Wall Street Journal a rapporté que 20 adolescentes ont été enlevées à quelques kilomètres à peine de l'endroit où s'est produit l'enlèvement principal.

«Human Rights Watch rapporte depuis novembre dernier que des femmes se font régulièrement kidnapper dans le nord du Nigeria. Ça se fait parfois en pleine rue à Maiduguri, capitale de l'État de Borno. Ou alors les kidnappeurs entrent dans une maison, prennent la fille de leur choix et ressortent», explique à La Presse Mausi Segun, chercheuse de Human Rights Watch au Nigeria.

Selon les spécialistes, les femmes sont utilisées comme aides de camp ou esclaves sexuelles, ou vendues comme épouses.




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