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L'Afrique du Sud en route vers des élections cruciales

Le président sud-africain Jacob Zuma salue ses partisans... (PHOTO MARCO LONGARI, ARCHIVES AFP)

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Le président sud-africain Jacob Zuma salue ses partisans rassemblés au stade Mbombela à Nelspruit, le 11 janvier, pour le lancement du manifeste de son parti, l'ANC.

PHOTO MARCO LONGARI, ARCHIVES AFP

Entre avril et juin 2014 (à une date encore indéterminée), les Sud-Africains se rendront aux urnes. Vingt ans après les premières élections démocratiques et la chute de l'apartheid, ce scrutin général pourrait marquer un tournant majeur dans l'histoire de ce pays encore défini par d'abyssales disparités sociales. Aperçu du paysage politique actuel, au pays de Mandela.

Q: Pourquoi s'intéresser aux élections sud-africaines ?

R: Nelson Mandela n'est plus. Mais la vie continue en Afrique du Sud. Et la lune de miel entre les Sud-Africains et le Congrès national africain (ANC) (le parti politique de Mandela, qui a libéré le pays de l'apartheid) achève. «C'est un moment vraiment crucial dans l'histoire de l'Afrique du Sud et son trajet démocratique. Et ce, pas seulement du point de vue électoral, mais aussi sur les plans politique et social», évalue Daniel Douek, politologue spécialiste de l'Afrique du Sud à l'Université Concordia.

Si le «miracle» sud-africain a permis au pays d'échapper à une sanglante guerre civile, les séquelles de l'apartheid sont encore flagrantes, 20 ans après la mort du régime de ségrégation raciale. Et la transformation économique se fait toujours attendre, surtout par ces millions d'Africains à qui l'on a promis un meilleur partage des richesses. «L'ANC a eu les mains liés et n'a pas pu appliquer des politiques qui auraient apporté le changement total auquel on s'attendait.»

Q: Quelles sont les options politiques ?

R: L'actuel président Jacob Zuma a déclaré au début du mois de janvier que son parti, l'ANC, allait diriger les destinées de l'Afrique du Sud «jusqu'à la fin des temps». En réalité, rien n'est moins certain.

Égratigné par des allégations de corruption, sévèrement critiqué pour sa polygamie (il a quatre femmes) et, bien sûr, hué devant la planète entière lors des funérailles populaires de Nelson Mandela, le président sud-africain devra travailler fort pour décrocher un second mandat.

Le massacre de Marikana (une trentaine de mineurs tués par la police en août 2012) et l'image élitiste désormais associée à l'ANC pourraient amener les électeurs à aller voir ailleurs.

Un des candidats les plus redoutés est Julius Malema, le populiste chef du parti des Economic Freedom Fighters (EFF).

«Malema a très peu de respect pour le projet démocratique de l'Afrique du Sud», évalue Daniel Douek, qui compare l'EFF aux Frères musulmans, en Égypte. Selon le politologue, «il faut se méfier» de ce jeune candidat de 32 ans, qui a été viré de son poste de président de la ligue jeunesse de l'ANC et a été accusé de propos haineux - il s'est rendu célèbre en chantant Shoot the Boer, un hymne obscur de la lutte antiapartheid. Il affiche également son goût pour les voitures de luxe.

L'intellectuelle Mamphela Ramphale, ex-directrice générale de la Banque mondiale chargée du développement humain et ancienne compagne du militant Steve Biko, a secoué le paysage politique la semaine dernière, en annonçant la fusion du parti qu'elle a fondé (l'Agang) avec l'Alliance démocratique (DA).

Avec son arrivée dans un parti associé à l'élite blanche, la polarisation raciale des anciens partis était spontanément bousculée. Coup de théâtre: pas même une semaine après cette alliance aussi imprévue qu'historique entre une figure symbolique de l'histoire des droits civiques et le parti des «Blancs» sud-africains, Mme Ramphele annonçait qu'elle se retirait du DA. Avec ou sans le DA, elle demeure une candidate à surveiller. «Ramphele a une histoire personnelle de lutte antiapartheid très impressionnante. Mais il reste à voir vers quel parti se tourneront ceux qui se sentent marginalisés par l'ANC, qui reste le parti associé à la libération», affirme le politologue Daniel Douek.

Q: Et le legs de Mandela dans tout ça ?

R: L'ANC a profité de la mort de Mandela pour promouvoir son image et rappeler à la population qu'il était le parti de Mandela. «Je pense que son décès a pris une importance disproportionnée dans les médias internationaux», juge Daniel Douek, qui ajoute que si la disparition de Mandela a mis en lumière les problèmes de l'Afrique du Sud, ces derniers ne sont pas nouveaux.

Vénéré en Afrique du Sud, Mandela incarnait l'espoir de l'accès à une vie meilleure, qui passait invariablement par l'État. «Nous sommes vraiment dans une période cruciale, estime Daniel Douek. S'il n'y a pas de changement dans la prochaine décennie, les gens vont perdre l'espoir et leur confiance dans la démocratie. Pendant ce temps, un leader populiste comme Malema renvoie un message de colère envers le gouvernement et pourrait en profiter pour mettre en place un processus non démocratique.»

Q: Quels sont les principaux enjeux électoraux ?

R: Dans les townships, la «livraison des services» (accès à l'eau courante, à l'électricité, à des services sanitaires adéquats) est une préoccupation dominante qui s'est notamment traduite par des manifestations mensuelles où des excréments humains ont été jetés en pleine rue dans la ville du Cap. Outre la redistribution des richesses, les Sud-Africains sont préoccupés par leur taux de chômage de 25% et leur système d'éducation en piteux état.




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