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Les munitions abandonnées, l'autre menace pour le Darfour

Bombes, roquettes, débris de guerre explosifs abandonnés: le... (Photo Agence France-Presse)

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Bombes, roquettes, débris de guerre explosifs abandonnés: le bureau d'élimination des armes (ODO) au Darfour en a détruit par centaines. Mais de nouvelles armes les remplacent, au fil des violences qui ravagent toujours cette région grande comme la France.

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Ian Timberlake
Agence France-Presse
EL FASHER

L'ODO est rattaché à la Minuad, et l'aide dans son mandat de protéger les civils au Darfour où au moins 300 000 personnes sont mortes depuis le début des combats en 2003.

Bombes, roquettes, débris de guerre explosifs abandonnés: le bureau d'élimination des armes (ODO) au Darfour en a détruit par centaines. Mais de nouvelles armes les remplacent, au fil des violences qui ravagent toujours cette région grande comme la France.

Pour chaque explosif détruit par l'ODO, les combats qui ravagent cette région depuis plus de dix ans apportent leur nouveau lot d'armes, menaçant la sécurité des habitants comme des Casques bleus.

«Des zones que l'on pensait débarrassées pourraient être de nouveau contaminées l'année prochaine ou le mois prochain», explique Steven Harrop, un ancien soldat britannique qui conseille les 30 membres de l'ODO.

Les Darfouris qui retournent sur leurs terres ne peuvent «jamais être 100% certains» que des armes ne sont pas là, sous le sol, prêtes à exploser, ajoute M. Harrop, interviewé par l'AFP au QG de la Minuad, la mission conjointe de l'Union africaine et de l'ONU au Darfour, dont il dépend.

Les violences ont connu une forte recrudescence en 2013, et au moins 460 000 personnes ont été déplacées, selon des chiffres de l'ONU. Les heurts entre rebelles et forces gouvernementales sont désormais doublés de combats opposant des tribus arabes entre elles, ce qui augmente d'autant le nombre d'armes utilisées, et donc de munitions abandonnées.

Le nombre d'explosifs détruit par l'ODO reste stable, avec 363 pour l'année 2012-2013, explique Steven Harrop. Mais entre juin et décembre 2013, l'organisation a eu plus de travail: 400 armes ont été détruites, dont 120 uniquement en décembre.

M. Harrop et son collègue, Emeka Nwadike, estiment que cette augmentation reflète l'intensification des combats, mais aussi la façon plus efficace dont travaillent leurs équipes.

Le type d'armes découvertes offre un aperçu de ces violences au Darfour, où aucun journaliste étranger ne peut pénétrer.

Trouver les armes

«Nous ne trouvons pas vraiment d'armes lourdes», détaille M. Harrop. «La majeure partie de ce que l'on trouve est ce que l'on peut attendre de combats au sol», ajoute-t-il, comme des grenades, des mortiers.

Ces derniers mois, les équipes ont détruit un rare stock d'armes à sous-munitions, encore dans leur conteneur. Ce type d'armes est particulièrement dénoncé par les organisations de droits de l'Homme, et quelque 84 pays ont déjà signé et ratifié la Convention sur les armes à sous-munitions, qui en interdit l'emploi, la production, le transfert et le stockage.

Ces explosifs abandonnés «empêchent les civils de cultiver une partie de leurs terres et de gagner leur vie», explique M. Harrop.

Depuis 2005, on dénombre 141 explosions d'armes abandonnées, qui ont tué 83 personnes et en ont blessé 214.

C'est également une menace pour les milliers de membres de la Minuad, l'une des plus importantes missions de maintien de la paix dans le monde.

L'ODO a travaillé avec l'union soudanaise des personnes handicapées, des groupes d'aide aux victimes et la police de la Minuad pour entrainer les Soudanais à signaler les explosifs abandonnés.

Le service essaye d'envoyer des équipes de surveillance dans les zones où des conflits ont été signalés récemment. Elles y passent trois ou quatre semaines, interrogent les habitants et tentent ensuite de trouver les armes.

«Nous savons qu'il y en a plus que ce que nous détruisons, mais les trouver est la partie la plus difficile de l'opération», reconnaît M. Harrop, «et si les populations locales ne nous les signalent pas, c'est dur pour nous de viser des zones spécifiques».




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