Les dirigeants d'Afrique australe ont décidé lundi d'exclure Madagascar de leur organisation «jusqu'au retour de l'ordre constitutionnel» dans ce pays, en signe de protestation contre la prise de pouvoir d'Andry Rajoelina.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Le sommet extraordinaire suspend Madagascar de toutes les institutions et des organes de la communauté jusqu'au retour du pays à l'ordre constitutionnel», a indiqué à la presse son secrétaire exécutif Tomaz Salomao, appelant au retour de Marc Ravalomanana à la tête du pays.

«Le sommet extraordinaire exige que l'ancien maire d'Antananarivo M. Andry Rajoelina quitte le bureau du président de toute urgence afin de reinstaller sans discussion Marc Ravalomanana», a-t-il poursuivi à l'issue d'un sommet des dirigeants du bloc régional au Swaziland.

«Le sommet extraordinaire a souligné qu'en cas de refus (...), la SADC devrait en collaboration avec l'Union africaine et les Nations unies envisager d'autres options pour restaurer la normalité constitutionnelle», a prévenu M. Salomao.

Le bloc régional a également appelé «la communauté internationale à ne pas reconnaître la nomination de M. Rajoelina et de faire pression sur les autorités de Madagascar».

A Antananarivo, quelque 15 000 partisans du président déchu de Madagascar, Marc Ravalomanana, se sont à nouveau rassemblés lundi pour réclamer son retour et contester la prise de pouvoir de son opposant Andry Rajoelina, qui a pris la tête d'une Haute autorité de transition.

Lâché par l'armée et affaibli par un mouvement de contestation populaire emmené par M. Rajoelina, l'ex-président avait démissionné le 17 mars et transféré les pleins pouvoirs à un directoire militaire. Ce dernier les avait aussitôt transférés à M. Rajoelina, une démarche que la Haute cour constitutionnelle a ensuite validée.

Le 21 mars, M. Rajoelina avait prêté serment devant 40 000 personnes dans le stade municipal de la ville.

La crise politique à Madagascar, qui est l'un des 15 Etats membres de la SADC, a fait plus d'une centaine de morts depuis fin janvier, et paralyse le pays notamment au niveau économique.

Le 19 mars, l'Afrique australe avait déjà refusé de reconnaître les nouvelles autorités de transition malgaches et menacé de les sanctionner. Elle avait alors dépêché M. Salomao sur cette île de l'océan Indien, pour qu'il élabore des stratégies de réponse à la crise.

Elle a, dès l'ouverture du sommet lundi, qualifié d'«inacceptable» le changement de régime à Madagascar.