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La junte assoit son pouvoir en Guinée

Le chef de la junte, le capitaine Moussa... (Photo: AFP)

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Le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara (à gauche).

Photo: AFP

Laurence Boutreux, Mouctar Bah
Agence France-Presse
Conakry

La junte qui a pris le pouvoir en Guinée par un coup d'Etat militaire, juste après le décès du chef de l'Etat Lansana Conté, a conforté son autorité jeudi en obtenant que le Premier ministre et son gouvernement lui fassent allégeance.

Mais, dans le même temps, les putschistes doivent faire face à une pression croissante de la communauté internationale, comme de deux coalitions de l'opposition, qui jugent trop long le délai de deux ans pour organiser des élections.

«Retenez que nous sommes des techniciens (...) et que nous sommes à votre entière disposition. Nous vous remercions encore une fois pour votre sagesse, Monsieur le président», a déclaré le Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré au chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara.

M. Souaré répondait au capitaine Camara qui avait demandé au Premier ministre et à son gouvernement d'«aider» son régime, au cours d'une rencontre à la mi-journée, au camp militaire Alfa Yaya Diallo, quartier général des putschistes.

«Hier, c'était vous, aujourd'hui, c'est nous. Nous vous avons aidés, vous devez nous aider», a déclaré M. Camara à la trentaine de membres du gouvernement convoqués par la junte et qui l'ont écouté religieusement, se levant à son arrivée et s'asseyant lorsqu'il les invitait à le faire.

«Vous pouvez revenir aux affaires (par la voie des urnes, ndlr), évitons simplement les oppositions armées qui entraîneraient notre pays dans des guerres fratricides», a poursuivi le capitaine Camara, qui s'était unilatéralement proclamé la veille «président de la République».

La prise du pouvoir par l'armée est «une transition pour aboutir à des élections libres et transparentes, au terme desquelles nous allons rejoindre les casernes», a-t-il promis.

Mais le calendrier de la junte, qui s'est emparée du pouvoir mardi quelques heures après la mort du président, est de plus en plus en contesté. Les putschistes ont promis des élections dans seulement deux ans, fin décembre 2010, soit à la fin prévue du mandat de Lansana Conté, qui a dirigé la Guinée d'une main de fer pendant 24 ans et qui doit être inhumé vendredi.

Deux importantes coalitions de l'opposition au régime de Lansana Conté «ont pris acte», sans le condamner, du coup d'Etat militaire et demandent à la junte d'organiser des «élections libres» d'ici à un an, selon un communiqué commun.

Et la communauté internationale, qui avait déjà condamné le coup de force, a haussé le ton, en rejetant à son tour le calendrier des putschistes.

Très en pointe dans ce dossier, les Etats-Unis ont exigé un «retour immédiat à l'ordre civil» et «rejettent le communiqué des militaires (putschistes) promettant des élections en décembre 2010», a fait savoir leur ambassade à Conakry.

«La Guinée a déjà considérablement progressé vers l'organisation des élections législatives prévues pour mai 2009 et nous l'encourageons très fermement à respecter ce calendrier établi», ajoute l'ambassade.

Le président français Nicolas Sarkozy a aussi demandé des «élections libres et transparentes», à «bref délai et sous observation internationale», mais sans donner de date précise.

La présidence française de l'Union européenne a pour sa part appelé à l'organisation d'élections «démocratiques et transparentes» au «premier semestre 2009».

Face à ces inquiétudes, la junte va tenter de rassurer. Une première «réunion d'information» aura lieu samedi à 06h00 avec les «représentants de la société civile, des partis politiques, des confessions religieuses et des centrales syndicales».

Elle sera suivie d'une 2e réunion à 12H00, «afin de rassurer la communauté internationale», avec les «représentants de la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest), de l'Union africaine, de l'Union européenne, les ambassadeurs des pays du G8 et leur attaché de défense».

Sont également conviés «les représentants de l'ONU, du Fonds monétaire internationale (FMI), de la Banque mondiale et des partenaires (contribuant) au développement de la Guinée».




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