Une fillette de six ans a été tuée avant d'être amputée de ses bras et jambes dans la nuit de dimanche à lundi au Burundi, portant à trois le nombre d'albinos tués depuis septembre dans le pays lors de crimes rituels, a-t-on appris auprès des autorités locales.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Un groupe de bandits armés de fusils a attaqué hier à 21h00 (19h00 GMT) la maison d'une albinos de six ans du nom de Cizanye à Bugongo (220 km à l'est de Bujumbura). Ces malfaiteurs l'ont décapitée avant de couper ses jambes et ses bras, qu'ils ont emportés avec eux», a annoncé à l'AFP par téléphone l'administrateur de la commune de Kinyinya, Rémi Sengiyumva.

«Cette fillette est la troisième victime albinos de cette barbarie depuis septembre dans notre province (...) Nous faisons tout pour tenter de retrouver ses assassins», a assuré de son côté le procureur de la province de Ruyigi, Nicodème Gahimbare.

Un homme et une jeune fille atteints d'albinisme ont été tués dans les mêmes circonstances, dans la province fin septembre pour des motifs qui seraient liés à la sorcellerie, ce qui avait poussé les autorités à regrouper tous les albinos de la province pour assurer leur protection.

«Certains responsables administratifs n'ont pas pris au sérieux cette affaire et n'ont pas placé sous protection les albinos de leur ressort», a regretté le magistrat.

Ce drame survient dans un contexte de recrudescence de crimes rituels à l'encontre des albinos, leurs membres ou leurs organes étant notamment utilisés par des sorciers en Tanzanie (voisine du Burundi) pour confectionner des grigris porte-bonheur à l'attention des chercheurs d'or.

Au moins 27 albinos, en majorité des femmes et des enfants, ont été tués dans différents pays de l'Afrique de l'Est au cours de l'année écoulée.

L'albinisme est une absence totale de pigmentation dans la peau, le système pileux et l'iris des yeux due à des facteurs génétiques.