(Genève) Combattre la pandémie de COVID-19 à coups de doses de rappel des vaccins actuels n’est pas une stratégie viable, ont prévenu mardi des experts de l’Organisation mondiale de la santé, réclamant aussi des vaccins qui préviennent mieux la transmission.

Publié le 11 janvier
Agence France-Presse

« Une stratégie de vaccination basée sur des rappels répétés » des premiers vaccins « a peu de chances d’être appropriée ou viable », indique dans un communiqué ce groupe d’experts responsable de superviser les vaccins contre le coronavirus.

Aussi, ces spécialistes considèrent « que des vaccins contre la COVID-19 ayant un impact élevé en matière de transmission et de prévention de l’infection, en plus de prévenir les formes graves de la maladie et la mort, sont nécessaires et doivent être développés ».

Cela permettra de limiter l’impact de la COVID-19 en termes de santé mais aussi « la nécessité de mesures sanitaires et sociales strictes et de grande envergure », font-ils valoir.

« En attendant que de tels vaccins soient disponibles, et au fur et à mesure de l’évolution du virus SRAS-CoV-2, il faudra peut-être mettre à jour la composition des vaccins anti-COVID-19 actuels, afin de s’assurer qu’(ils) continuent de fournir les niveaux de protection recommandés par l’OMS contre l’infection et la maladie » causée par les variants, y compris Omicron, estime le groupe d’experts.

Un peu plus de six semaines après son identification en Afrique du Sud, les données de plusieurs pays convergent sur deux points : Omicron — qui entre dans la catégorie des variants préoccupants de l’OMS — se transmet beaucoup plus rapidement que le variant auparavant dominant, Delta, et semble entraîner globalement des formes moins graves de la maladie.

« Cependant, il est nécessaire d’obtenir davantage de données sur l’efficacité des vaccins, en particulier en ce qui concerne les hospitalisations, les formes graves de la maladie et les décès », relèvent les experts de l’OMS.

Point important : on ne sait pas si cette gravité apparemment moindre vient des caractéristiques intrinsèques du variant, ou si c’est lié au fait qu’il frappe des populations déjà partiellement immunisées, par le vaccin ou une précédente infection.

Souches

Reste qu’Omicron progresse de façon fulgurante dans de nombreux pays et les cas doublent tous les deux ou trois jours, du jamais vu avec les variants précédents.

Les mutations d’Omicron semblent lui permettre de réduire l’immunité par anticorps contre le virus. Conséquence : il peut probablement contaminer un nombre important de vaccinés, et réinfecter des personnes précédemment atteintes par le virus.

Les experts de l’OMS appellent à modifier la composition des vaccins pour s’assurer qu’ils protègent davantage contre la maladie et qu’ils continuent de répondre aux critères établis par l’organisation, y compris en matière de protection contre les formes graves de la COVID-19.

Ils demandent notamment que les vaccins « soient basés sur des souches […] proches des variants en circulation ».

Les experts jugent aussi important que « les fabricants de vaccins prennent des mesures à court terme pour développer et tester des vaccins contre les variants dominants et qu’ils partagent ces données » avec l’OMS.

L’organisation souhaite mettre fin à la pandémie cette année. Pour y parvenir, il faudrait que tous les pays vaccinent 70 % de leur population d’ici la mi-2022, selon elle. Mais cet objectif est encore loin d’être atteint.

À l’échelle mondiale, plus de 8 milliards de doses de vaccins anti-COVID-19 ont été administrées dans au moins 219 pays ou territoires, selon un comptage réalisé par l’AFP à partir de sources officielles mardi.