(Nations unies) Les 193 pays membres des Nations Unies sont parvenus mardi à un accord sur le budget des opérations de paix permettant d’éviter un gel des missions à partir de jeudi, a-t-on appris de sources diplomatiques.

Agence France-Presse

Un projet de résolution a été adopté par la 5e commission de l’Assemblée générale de l’ONU qui traite des affaires financières.

Le budget entériné est évalué à quelque 6,5 milliards de dollars et couvre 12 mois comme chaque année, de juillet 2021 à juin 2022, selon les mêmes sources. Son montant est globalement le même que celui adopté l’an dernier.

« Toutes les demandes de toutes les délégations ont été simultanément abandonnées, permettant l’adoption d’une résolution », a déclaré un diplomate sous couvert d’anonymat.

L’Assemblée générale de l’ONU doit approuver formellement mercredi la résolution qui permettra aux missions déployées dans le monde avec environ 100 000 Casques bleus de poursuivre leurs dépenses et d’assurer la continuité des opérations.

« Nous aurons désormais l’autorisation pour les dépenses nécessaires à partir du 1er juillet sans aucune interruption des opérations, ce qui est une bonne nouvelle » s’est félicité le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric.

« La réduction des opérations aurait limité la capacité des missions à mettre en œuvre leurs mandats, y compris, par exemple, le soutien aux pays dans la réponse à la pandémie de COVID-19, la protection des civils et d’autres activités critiques des missions », a-t-il rappelé.

Selon des diplomates, la Chine — deuxième contributeur financier à hauteur de 15 % derrière les États-Unis (25 %) — et les pays africains avaient notamment contribué au blocage de l’ONU, annoncé lundi, pour adopter son budget.

« La Chine paie tellement aujourd’hui qu’elle veut contrôler la moindre dépense et a pris en otage les lignes budgétaires tant qu’un accord global n’était pas conclu », a raconté un diplomate sous couvert d’anonymat.

Interrogée, la mission chinoise à l’ONU s’est défendue de toute obstruction. « En tant que pays responsable, la Chine joue toujours un rôle constructif » et a favorisé « les progrès de la 5e commission dans la phase finale de ses travaux », a assuré un porte-parole de la mission.

Dans une déclaration, l’Union européenne, dont les contributions financières de ses membres participent à hauteur de 24 % du budget des opérations de paix, a vivement déploré l’absence de consensus plus tôt sur le projet de texte.

« Notre incapacité chronique à respecter les délais met l’ensemble de l’architecture de maintien de la paix dans un danger sans précédent », a souligné Thibault Camelli, membre de la mission de l’UE auprès de l’ONU. À l’avenir, « nous espérons revenir à des approches plus constructives », a-t-il ajouté, sans citer de pays.

Le budget des opérations de paix est séparé du budget annuel de fonctionnement de l’ONU (3,07 milliards de dollars), qui s’étend de janvier à décembre.