(New Delhi) En Inde, submergée par les victimes d’une vague épidémique d’une gravité sans précédent et où l’aide internationale a commencé à arriver mardi, les crématoriums manquent de bois et par endroits, comme à New Delhi, brûlent les corps dans des stationnements.

Agence France-Presse

Au contraire, aux États-Unis, le président américain Joe Biden a salué les « progrès extraordinaires » réalisés ces derniers mois face à la pandémie. Désormais, les Américains vaccinés n’ont plus besoin de porter de masque lorsqu’ils sont en extérieur, sauf au milieu de foules.

« Nous commençons au lever du soleil et les crémations se poursuivent au-delà de minuit », déclare à l’AFP Sanjay, un prêtre administrant les derniers sacrements dans un crématorium de New Delhi, le regard perdu dans les flammes des bûchers et de tas de cendres fumantes qui, il y a peu, étaient des êtres humains avant que la COVID-19 ne les terrasse.

Les crématoriums ne connaissent pas de trêve, leurs cheminées se fissurent et les armatures métalliques des fours fondent sous l’intensité de la chaleur.

Le bois commence à manquer aussi dans certains établissements, des familles sont priées d’apporter leur propre combustible.

« Progrès extraordinaires »

De nombreux crématoriums et cimetières affirment que le bilan officiel des décès dus au virus est loin de correspondre à la réalité, compte tenu de l’afflux de corps qu’ils voient défiler.

Épicentre de la pandémie de coronavirus depuis plusieurs jours avec un variant « indien » encore mal identifié, le pays le plus peuplé de la planète après la Chine enregistre quotidiennement de nouveaux records.  

Lundi, il a fait état d’un record mondial de 352 991 nouvelles contaminations et un record national de 2812 décès, entraînant la première aide internationale d’ampleur depuis le début de la crise sanitaire.

La première cargaison d’aide médicale britannique, contenant notamment 100 ventilateurs et 95 concentrateurs d’oxygène, a atterri mardi à Delhi. D’autres suivront dans la semaine.

D’ici la fin de semaine, la France aura envoyé huit unités de production d’oxygène et des conteneurs d’oxygène permettant d’alimenter jusqu’à 10 000 patients sur une journée, ainsi que du matériel médical spécialisé comme des respirateurs.

Le Canada a annoncé de son côté qu’il débloquait une aide de 10 millions de dollars canadiens (6,7 millions d’euros) qui sera versée directement à la Croix-Rouge indienne.

Les États-Unis se sont eux engagés à envoyer des composants pour la production de vaccins, des équipements de protection, des tests à diagnostic rapide, ou encore des respirateurs.

Les États-Unis eux commencent à sortir la tête de l’eau. « Nous avons encore un long chemin à parcourir […], mais nous avons fait des progrès extraordinaires », a déclaré Joe Biden, évoquant la baisse marquée du nombre de cas et de décès.

« C’est très simple : si vous êtes vacciné, vous pouvez faire plus de choses, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur », a-t-il ajouté.  

Suspension des liaisons aériennes

Dans le monde entier, le variant « indien » suscite encore des interrogations. Selon l’OMS, on ne sait pas encore si « les rapports faisant état d’une mortalité élevée sont dus à la gravité accrue du variant, à la mise à rude épreuve des capacités du système de santé en raison de l’augmentation rapide du nombre de cas, ou aux deux ».

Ce variant a été détecté en Belgique, Suisse, Grèce et Italie, au moment où plusieurs pays en Europe commencent à desserrer prudemment l’étau des restrictions à sa population.

Parallèlement, la liste des restrictions aériennes s’allonge. L’Australie a décidé mardi de suspendre jusqu’au 15 mai les vols en provenance d’Inde tandis que le Canada, les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande ont déjà suspendu ou restreint leurs vols.  

La Belgique a annoncé la fermeture de ses frontières à l’Inde, mais aussi au Brésil et à l’Afrique du Sud, où sévissent deux autres variants.

L’Islande a pour sa part interdit l’entrée aux voyageurs de seize pays considérés comme des zones « à haut risque », comme la France.  

Les campagnes de vaccination se poursuivent tant bien que mal dans le monde, occasionnant des différends entre pays et laboratoires sur les livraisons ou entre pays, voire entre États d’un même pays sur l’origine des vaccins.

L’agence de régulation sanitaire du Brésil, deuxième pays le plus endeuillé au monde (391 936 décès) et où la vaccination a longtemps traîné, s’est ainsi opposée lundi à la demande de plusieurs États du pays d’importer le vaccin russe Spoutnik V.

En Russie, selon le ministère de la Santé, l’espérance de vie à la naissance a reculé en 2020 pour la première fois en près de 20 ans, de près de deux ans, sous l’effet de la pandémie. Le virus a officiellement tué 108 588 personnes, selon le gouvernement mardi.

Le cap du milliard de doses de vaccins contre la COVID-19, administrées dans 207 pays ou territoires, a été franchi ce week-end, selon un comptage de l’AFP.

Le virus a fait au moins 3 122 150 morts dans le monde depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de son apparition fin décembre 2019, selon un bilan établi mardi par l’AFP à partir de sources officielles.