(Londres) L’Europe, où le premier ministre britannique s’est mis en quarantaine, continue à essayer d’enrayer la deuxième vague de l’épidémie de COVID-19, galopante aussi aux États-Unis, où les habitants de Chicago sont appelés à rester chez eux.

Pauline FROISSART à Londres, avec Sophie LAUBIE à Paris et les bureaux de l'AFP dans le monde
Agence France-Presse

En Allemagne, où une forte hausse des infections a été observée depuis plusieurs semaines, le gouvernement étudie de nouvelles mesures : restrictions des contacts au sein de la population-en les limitant aux « membres du foyer et un maximum de deux personnes d’un autre foyer » -, port du masque dans les écoles et réduction de la taille des classes, selon un projet d’accord.

La chancelière et les présidents des 16 länder se réunissent lundi pour faire le point sur la situation sanitaire, après de premières restrictions imposées début novembre en Allemagne où bars, restaurants, lieux culturels et de loisirs sont fermés pour un mois.  

De « premiers signes » d’amélioration de la courbe des infections ont été relevés la semaine dernière par l’institut de veille sanitaire Robert Koch. Mais « le nombre de contaminations est encore bien trop haut », a déclaré le ministre de l’Économie, douchant les espoirs d’une fin rapide des restrictions.

Au Royaume-Uni, le premier ministre Boris Johnson s’est mis à l’isolement dimanche après avoir été en contact avec une personne infectée par le nouveau coronavirus, une quarantaine malvenue en plein sprint final dans les négociations post-Brexit.  

Il a assuré lundi se sentir « très bien » et « déborder d’anticorps » après avoir été gravement malade de la COVID-19 en avril.

Boris Johnson a été informé par le traçage des cas du service public de santé, le NHS, qu’il devait s’isoler après un contact avec quelqu’un qui a été testé positif.  

Avec près de 52 000 morts, le Royaume-Uni est le pays le plus durement touché en Europe par la pandémie.

Près de 2 millions de cas en France

Ailleurs en Europe, l’Autriche débutera mardi un second confinement, avec fermeture des écoles et des magasins non essentiels et appel à rester chez soi. Le chancelier Sebastian Kurz a également annoncé une campagne de dépistage de la COVID-19 à grande échelle.

La France, reconfinée depuis le 30 octobre, frôle de son côté les deux millions de cas depuis le début de l’épidémie, selon les chiffres officiels. Le nombre d’entrées en réanimation a atteint un plus bas depuis trois semaines dimanche (à 270), mais le nombre de personnes hospitalisées a battu un record, à 33 050.

De l’autre côté de l’Atlantique, la mairesse de Chicago, troisième ville des États-Unis, a recommandé à ses 2,7 millions d’administrés d’éviter les sorties à partir de lundi sauf pour les déplacements essentiels, dont le travail et l’école, de ne recevoir aucun invité et d’annuler les traditionnelles fêtes de Thanksgiving.  

Il ne s’agit que de recommandations. En revanche, les réunions privées sont, de façon obligatoire, limitées à 10 personnes maximum.

Les États-Unis ont enregistré un million de nouvelles infections à la COVID-19 en moins d’une semaine et ont franchi la barre des 11 millions de cas dimanche, selon l’université Johns Hopkins. Un total de 246 224 décès ont été recensés dans le pays, de loin le plus endeuillé au monde par l’épidémie.

La lutte contre le virus est encore compliquée par le refus de Donald Trump de reconnaître sa défaite à l’élection présidentielle du 3 novembre, ce qui entrave la transition vers une présidence de Joe Biden.

Vaccin efficace à 94,5 %

Nouvel espoir face à la situation mondiale difficile, la société de biotechnologie américaine Moderna a annoncé lundi que son vaccin contre la COVID-19 était efficace à 94,5 % pour réduire le risque de contracter la maladie, similaire à l’efficacité de 90 % annoncée la semaine dernière par l’alliance Pfizer/BioNTech.

Le directeur général de la société allemande BioNTech avait estimé de son côté dimanche que « nous pourrions avoir un hiver normal l’année prochaine », à condition « que nous ayons un taux de vaccination important avant l’automne/hiver » 2021-2022.

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a cependant prévenu qu’un vaccin ne suffirait pas à lui tout seul à vaincre la pandémie, mais qu’il allait « compléter les autres outils que nous avons, pas les remplacer ».

L’OMS a enregistré un record absolu de nouveaux cas quotidiens de COVID-19 sur la planète, à 660 905 pour la journée de samedi.  

La pandémie a fait au moins 1 319 561 morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP lundi. Plus de 54 493 680 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués depuis le début de l’épidémie.

Le nombre de contaminations augmente sur tous les continents, à l’exception de l’Océanie.  Mais en Australie, un nouveau foyer épidémique a été détecté à Adelaide, une ville du sud du pays qui était largement épargnée par la COVID-19 depuis sept mois, avec pour origine un hôtel où sont mis en quarantaine les voyageurs rentrant de l’étranger.

Pour contenir le virus, les autorités ont rétabli plusieurs restrictions et suspendu les vols internationaux à destination de la ville.