Nate Silver a sauvé plusieurs militants et stratèges démocrates de la dépression nerveuse lors de la dernière campagne présidentielle américaine. Alors que certains sondages nationaux prédisaient la victoire de Mitt Romney, le gourou des stats du New York Times se fiait notamment à la moyenne des sondages réalisés dans chaque État pour annoncer un triomphe de Barack Obama.

Publié le 25 mars 2014
Richard Hétu

En fait, Silver est venu à un cheveu de prédire le nombre exact de votes électoraux remportés par Obama, ayant choisi le bon gagnant dans 49 États sur 50.

Or, à la tête de son nouveau site internet, Silver a publié lundi ses premières prévisions pour les élections de mi-mandat. Selon ses calculs, les républicains sont désormais légèrement favoris pour devenir majoritaires au Sénat (ils doivent réaliser un gain net de six sièges pour y parvenir).

Cette prédiction a semblé faire paniquer Guy Cecil, directeur du Comité de la campagne sénatoriale des démocrates, qui a cru bon de rappeler dans un communiqué que Silver n'était pas infaillible. Le gourou des stats s'est notamment trompé en annonçant en août 2012 que les républicains raviraient aux démocrates leur majorité au Sénat en novembre 2012. Rien de tel ne s'est évidement produit.

Silver répond aujourd'hui aux démocrates de ce comité en les accusant d'hypocrisie. Il souligne dans ce billet que Cecil et ses collègues critiquent ses prédictions sur l'issue des élections sénatoriales de novembre tout en s'en servant pour inciter leurs militants à donner plus d'argent aux candidats sénatoriaux de leur parti.

Mais les démocrates pourraient faire la paix avec Silver avant les élections de novembre. Comme le souligne le statisticien dans son billet, la campagne est encore jeune et aucune des prédictions publiées cette semaine ne sont coulées dans le béton.