Publié le 15 nov. 2015
Richard Hétu

Incapable de feindre le moindre intérêt aux questions de sécurité nationale au lendemain des attentats de Paris, Bernie Sanders a démontré hier soir lors du deuxième débat des primaires démocrates pour la présidence pourquoi ses chances de remporter l'investiture de son parti sont minces, voire nulles.

Le sénateur du Vermont a cependant réussi à mettre en relief une des plus grandes vulnérabilités d'Hillary Clinton auprès des démocrates progressistes en l'attaquant sur ses liens avec Wall Street. «Pourquoi, au cours de sa carrière politique, Wall Street a-t-il été le principal bailleur de fonds de ses campagnes? Peut-être sont-ils stupides et ils ne savent pas ce qu'ils obtiendront, mais je ne le pense pas», a déclaré le «démocrate socialiste» lors de l'affrontement diffusé sur CBS.

Après avoir souligné qu'elle avait des «centaines de milliers de donateurs, la plupart petits, et je suis très fière que pour la première fois la majorité de mes donateurs sont des femmes, 60%», l'ancienne sénatrice de New York a expliqué sa popularité auprès des financiers de Wall Street en évoquant les attentats du 11 septembre 2001 (voir la vidéo qui coiffe ce billet).

«Donc, j'ai représenté New York, et j'ai représenté New York le 11 septembre quand nous avons été attaqués. Où avons-nous été attaqués? Nous avons été attaqués dans le quartier de Manhattan où se trouve Wall Street. J'ai consacré beaucoup de temps et d'efforts pour les aider à reconstruire. Cela a été bon pour New York. Cela a été bon pour l'économie, et c'était une façon de répliquer aux terroristes qui avaient attaqué notre pays.»

Selon certains analystes, Hillary Clinton n'est pas sortie trop amochée de ce débat où elle a été attaquée non seulement par Sanders mais également par l'autre candidat démocrate encore en lice, l'ancien gouverneur du Maryland Martin O'Malley. Mais sa déclaration sur Wall Street et le 11-Septembre est sans doute l'une des plus douteuses, voire crasses, de sa carrière politique.